La trace.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Si nous sommes nombreux à espérer laisser une trace, le père et sa fille de Leave no trace, nouveau film de la talentueuse Debra Granik que nous avons reçue dimanche dernier, ont à cœur de disparaître au regard du monde. Et pourtant, on a bien envie de les suivre... Si nous pourrons aussi voir Winter's Bone, autre réalisation de cette figure du cinéma américain indépendant, ainsi que nos précédents succès (notamment BlacKkKlansman, le nouveau Spike Lee, et la réédition du Casino de Scorsese), cette semaine est aussi marquée par trois événements. Jeudi, Ciné-ma Russie remonte au front avec Brèves Rencontres, de Kira Mouratova, présenté par Eugénie Zvonkine. Samedi à 19h, l'équipe de Hostile, premier film post-apocalyptique de Mathieu Turi, viendra nous le présenter en avant-première. Enfin dimanche à 18h, nous inaugurerons un nouveau ciné-club consacré au décor de cinéma, Du Décor à l'écran, avec Delicatessen, de Jeunet et Caro, en la présence de Jean-Pierre Jeunet et du décorateur Jean Rabasse.

On connait le talent de Macha Méril et ses amis de Ciné-ma Russie pour dénicher des perles venues de l'Est. Ce sera encore le cas avec Brèves Rencontres, touchante histoire d'un trio amoureux au temps des Soviets. Jeudi à 20h30, la spécialiste du cinéma russe Eugénie Zvonkine viendra nous présenter ce film de 1967, et rendre hommage à  Kira Mouratova, son réalisateur, décédé en juin dernier.

Né en 1987 à Cannes (prédestination ?), Mathieu Turi a fait ses armes dans le court-métrage puis en assistant des pointures, tels Tarantino ou Besson. Pour son premier long, il s'attaque au fantastique et suit Juliette qui, dans un monde en ruine et forcément Hostile, tente de survivre en évitant des zombies noctambules. Sauf, qu'une nuit, elle a un accident... Gregory Fitoussi, comédien, et l'équipe de production viendront samedi à 19h nous présenter l'avant-première de Hostile, tournée en anglais et dont la bande annonce façon Mad Max fait drôlement envie.

Le lendemain à 18h, un nouveau ciné-club prendra ses marques dans nos salles. Comme son intitulé le laisse entendre, Du Décor à l'écran s'intéresse à tout ce qui entoure les acteurs et invente leur cadre de jeu. Pour sa première, Du Décor à l'écran a invité Jean-Pierre Jeunet co-réalisateur et Jean Rabasse, l’un des  décorateurs de Delicatessen. Signalons d'ailleurs que le film suivant de Caro et Jeunet, la Cité des Enfants perdus, valut à Jean Rabasse le César 1995. Après la projection de l'étonnante fable du boucher de Delicatessen et de ses voisins, les deux complices échangeront avec

La semaine la plus longue.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Si notre titre détourne celui d'un grand film de guerre auquel Spike Lee fait référence dans Miracle à Santa Anna (toujours à l'affiche du Cycle Spike Lee qui accompagne son nouveau BlacKkKlansman et son fameux Do the Right Thing), c'est que la semaine qui commence s'annonce riche en événements. Son point d'orgue se tiendra dimanche avec la venue de Debra Granik, figure incontournable du ciné indépendant américain, qui nous présentera deux films, dont son dernier - Leave no trace - en avant-première. Avant, il y a mercredi qui verra la reprise du Ciné-club de la Chambre Noire avec Drum, de Keywan Karimi en sa présence et celle de Bamchade Pourvali, spécialiste du cinéma iranien. Et aussi vendredi avec, à 20h, la première de nos nouveaux rendez-vous du cinéma grec, inaugurés par La Pierre Triste, passionnant documentaire de Filippos Koutsaftis. Enfin, mardi 18, nous conclurons avec un Ciné-club Positif, où le journaliste Olivier Curchod nous chantera La Marseillaise de Jean Renoir. Pour parachever ce généreux programme, nous parions aussi sur la reprise du génial Casino, de Martin Scorsese, restauré et sur copie neuve. Faites vos jeux !

Jeune réalisatrice sur laquelle notre Michel Ciment préféré ne tarie pas d'éloge, Debra Granik trace une œuvre originale et forte, en s'éloignant de la narration cinématographique classique. De retour de Deauville, elle passera au Grand Action dimanche pour présenter deux de ses films. A 16h30, nous verrons en avant-première son dernier, Leave no trace, où elle suit le parcours de la jeune Tom, élevée en pleine nature par son père, mais que la société va vouloir sortir de la marginalité. Debra viendra ensuite débattre avec le public, puis introduira, à 19h30, Winter's Bone. Réalisé en 2010, cette adaptation d'un roman de Daniel Woodrell, révèlera l'alors adolescente et débutante Jennifer Lawrence. Ce film, nommé ou récompensé dans de nombreux festivals, lança aussi la carrière de Debra qui, après deux documentaires, revient très fort avec Leave no trace, que nous sortirons mercredi 19.

Pour sa reprise, mercredi à 20h, le Ciné-club de la Chambre Noire s'est intéressé au cinéma iranien qui, malgré les difficultés politiques, persiste

La rentrée des cinés.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Si Spike Lee caracole en haut de l'affiche avec son nouveau BlacKkKlansman, son culte Do the Right Thing, son inédit Miracle à Santa Anna et les autres films du Cycle que nous lui consacrons, il n'empêche pas la reprise de nos ciné-clubs. Deux d'entre eux reviennent cette semaine pour une nouvelle saison, en attendant le retour des autres, et l'arrivée d'un nouveau venu, Les Rendez-vous du Cinéma grec, qui fera son premier tour de piste le 14 septembre. Mais honneur aux prochains, en l'occurrence un Cinéma Posthumanisme vendredi soir avec Holy Motors, de Leos Carax, et un Ciné-club Louis Lumière mardi soir pour l'Ombre des femmes, de Philippe Garrel, en présence de Monsieur Renato Berta.

Vendredi à 20h, nos amis du club Cinéma Posthumanisme, toujours à la recherche de ce qui fera vibrer l'image quand l'humain aura muté, nous propose de revoir Holy Motors, le dernier opus connu de Leos Carax, en attendant la sortie du mystérieux prochain... En 2012, Carax retrouvait son Denis Lavant fétiche pour incarner les tribulations existentielles de l'étrange et protéiformes monsieur Oscar. Présenté à Cannes en 2012, Holy Motors déroute autant qu'il fascine, et il introduira merveilleusement la discussion à suivre. Carlos Tello, de l'Université Paris VII, grand manitou de ce cycle, a invité Marie-Laure Delaporte, Docteur en Histoire de l'Art, pour répondre aux nombreuses questions que pose ce cinéma de recherche. Un cocktail à suivre permettra de prolonger le débat.

Le Ciné-club Louis Lumière est l'un de nos plus anciens rendez-vous. Il fête sa rentrée en fanfare mardi à 20h en invitant Renato Berta, l'un des plus grands chefs opérateurs en activité. Collaborateur régulier de Philippe Garrel, il interviendra avant et après la projection de l'Ombre des femmes, variation autour

Films noirs.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Une fois n'est pas coutume, le Grand Action réserve ses salles à trois films d'un seul cinéaste. Spike Lee, ardent défenseur de la cause noire, est l'unique vedette de nos écrans, sur lesquels triomphe BlacKkKlansman, son nouvel opus couronnée d'un Grand Prix du Jury au dernier Festival de Cannes. Nous sortons cette semaine Miracle à Santa Anna, réalisé en 2008 mais inédit en France pendant que la copie restaurée de Do the Right Thing poursuit sa carrière.

Celle de Spike a vraiment débuté avec ce fameux Do the Right Thing, réalisé en 1989, où il interprétait l'un des rôles aux côtés de Joie, sa sœur, Samuel L. Jackson et John Turturro. Dans ce film choral où la canicule écrase les rues populaires de Brooklyn et exacerbe les tensions, Spike Lee parlait déjà de la discrimination dont sont victimes les Afro-Américains. Ce sera une constance. Plus souvent radical à la manière de Malcom X que pacifiste comme le Docteur King, le réalisateur va explorer ce thème par tous les biais que lui propose sa caméra. En 30 ans, Spike Lee a connu de belles réussites, quelques succès, des trous d'inspiration et pas mal de bides ; il a parfois déçu, mais souvent convaincu, et toujours animé la polémique, même de façon quelquefois discutable. Il n'empêche qu'il n'a jamais rien lâché, construit une œuvre passionnante, fait son job de citoyen-militant, et que c'est un plaisir de le revoir sur le devant de la scène cinématographique avec son très réussi BlacKkKlansman.

On connait l'incroyable histoire, pourtant vraie et tirée de la biographie de son auteur. Ron Stallworth - interprété par le convaincant John D. Washington, fils de Denzel - est un flic noir. Engagé en 1978 dans le commissariat bien blanc de Colorado Spring, il va infiltrer le Ku Klux Klan  avec la complicité d'un collègue juif (Adam Driver) pour les rencontres en direct !  Si Spike refuse que l'on parle de comédie, BlacKkKlansman est hautement réjouissant, prenant notamment un malin plaisir à ridiculiser les suprématistes dont l'insondable bêtise suffit à prouver qu'ils sont plus les héritiers idiots d'une nauséabonde idéologie que les preux chevaliers de leur "race blanche". Mais si l'on s'amuse beaucoup à entendre Ron se lancer dans des diatribes effroyables pour convaincre le chef du KKK qu'il est vraiment un abruti raciste, on frémit au moment où Harry Belafonte raconte avec émotion le lynchage d'un jeune noir en 1916. Cette séquence est habilement montée en parallèle avec une projection privée où l'on acclame les exactions du Klan qui était à la même époque mis en scène par Griffith dans Naissance d'une Nation. Ce monument controversé du muet n'est pas la seule citation cinématographique de BlacKkKlansman, qui s'ouvre sur un extrait d'Autant en emporte le vent, un classique partiellement "responsable de la persistance de la mentalité raciste en Amérique", selon Spike (cité par Première). Pour appuyer son propos - il n'a jamais peur de le faire - le réalisateur termine son film en empruntant d'autres images à l'actualité du drame de Charlottesville.

Dans le même esprit référentiel, Spike Lee ouvre son Miracle à Santa Anna par un extrait du Jour le plus long, où le colonel John Wayne emmène ses GI's vers la victoire. Il faudra un peu de temps pour comprendre cette citation, incipit d'une fable qui débute comme un thriller, flirte avec le film noir et le mystère, avant de devenir un film de guerre, mis en scène comme un western teinté de blaxploitation, pour se terminer en film de procès. Réalisé en 2008 mais inédit en France, Miracle à Santa Anna est un film de genre qui se joue des genres tout en en adoptant les codes avec une certaine virtuosité. Car l'histoire que le réalisateur veut raconter rend hommage aux Buffalo Soldiers, surnom des soldats

Black power.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Après quelques semaines de vacances - nous espérons que les vôtres furent agréables, la rentrée part en flèche avec la sortie de BlacKkKlansman. Dans son dernier "joint", Spike Lee raconte l'histoire incroyable et réelle d'un flic noir qui infiltra le Ku Klux Klan, repère de l'Amérique blanche la plus terriblement raciste. Couronnée du Grand Prix du Jury à Cannes et saluée par la critique, cette comédie noire marque le retour sur le devant de la scène d'un cinéaste passionnant et engagé qui retrouve (enfin) sa verve. Un Cycle Spike Lee accompagne cette exclusivité, avec en vedette la copie restaurée de Do the Right Thing.

Nous sommes en 1978, à Colorado Spring, seconde ville du Colorado après Denver, capitale de cet État du Middle West, plutôt blanc et traditionnel. L'arrivée d'un policier noir au commissariat de la ville n'y passe donc pas inaperçue, surtout quand le gars se met en tête d'infiltrer l'antenne locale du sinistre Ku Klux Klan ! Fondé en 1865 après la défaite des états esclavagistes lors de la Guerre de Sécession, le KKK voulait maintenir la suprématie de "race blanche", notamment par le meurtre et la terreur. Interdite en 1877, l'organisation renait de façon officielle entre les deux guerres et, bien que soutenue par certains élus, poursuit ses exactions, intimidations et lynchages, ce qui conduit à une nouvelle dissolution en 1944. Mais la bête immonde reprend vigueur alors que la ségrégation est encore active dans le Sud. Au mitan des années 70, le KKK comptait près de 10 000 "chevaliers blancs", néonazis, suprématistes, xénophobes, antisémites, racistes et rascals, tous prêts à défendre leur "race" pale vêtus d'une ridicule toge druidique et chapeautés d'une cagoule. Blanches évidemment. Voici donc la joyeuse troupe que l'inspecteur Ron Stallworth veut infiltrer. Mais, s'il parvient à tromper le gros con en chef du KKK au téléphone, la couleur de sa peau et sa boule de cheveux afro présentent de sérieux handicaps pour envisager une rencontre. Il s'adjoint donc la complicité d'un flic aussi blanc que juif pour jouer son rôle de visu. Ce duo de flics marginaux au sein d'une institution policière presque aussi raciste que le groupuscule qu'elle combat va faire des étincelles... En s'inspirant d'une histoire vraie pour BlacKkKlansman, Spike Lee réussit à creuser le sillon de ses engagements militants (parfois violents et radicaux), tout en retrouvant par la comédie la tonalité qui nous avait réjouit dans ses films des années 80-90 et qu'il avait un peu oubliée. Le couple schizophrénique John D. Washington - Adam Driver fonctionne merveilleusement et Topher Grace est épatant en méchant "Grand Wizard". Lee parvient aussi à glisser une jolie love affair dans son film (Laura Harrier) et le conclue avec

Voyage au bout du Grand Action

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Le titre de cette lettre, la dernière de la saison puisque s'annonce sa pause estivale, annonce la troisième grande ressortie sur copie neuve de cet été. Ainsi, le Voyage au bout de l'enfer (The Deer Hunter en bon américain), second chef d'œuvre de Michael Cimino (avec Heaven's Gate), rejoint The Party et Hair. Dans la seconde partie du titre, nous évoquons notre salle car, une fois n'est pas coutume, nous aimerions vous parler un peu de notre équipe qui, cette année, s'est agrandie avec l'arrivée d'un nouveau membre, Alexandre, que nous espérons bienheureux. Avant de vous raconter notre vie, quelques mots sur le programme, où vous retrouverez nos succès des précédentes semaines. Outre les trois cités plus haut, l'on pourra ainsi voir quelques films de l'Expérience Diagonale (Simone Barbès, Les Belles Manières et Beau temps mais orageux en fin de journée), Ma Fille, l'Affaire Thomas Crown, Phantom Thread. Au fil des semaines, notre programmation évoluera, notamment le 15 août, avec la réédition de Do the Right Thing pour annoncer la sortie, le mercredi suivant, du dernier film de Spike Lee, BlacKkKlansman, Grand Prix du Jury à Cannes. Mais commençons par les présentations.

l'equipe du Grand Action

Nous n'allons pas vous faire l'affront de vous présenter Isabelle, notre directrice à l'infatigable enthousiasme, dont les interventions aigües réveillent les spectateurs les plus assoupis. Devant elle, au premier rang, se tient Anne, blonde et souriante âme de notre salle où elle travaille depuis 1992 ! Elle est entourée de Pierre, qui réunit les deux extrémités de la chaîne cinématographique en étant projectionniste et réalisateur, et de Bernard-Pierre, le rédacteur de la présente qui, chaque semaine, vous annonce le programme en tentant de vous soutirer un sourire. À sa droite Victor, l'indispensable adjoint à la programmation, aussi bougon qu'adorable, et insondable puits de culture. A celle d'Isabelle, voici Amaïa, merveilleuse seconde, qui veille à tout et gère notamment les locations de salles avec une réjouissante efficacité. En continuant dans le même sens, Adrien, cadet de la bande et rival de Victor en matière de cinéphilie pointue, puis François, qui cumule la double fonction de community manager du GA et d'époux de la patronne. Cette dernière est (bien) encadrée par Bellu, grand maître du 70mm, et par Bruno, dont les talents d'intendant qui suit toujours un verre à la main nous régalent cocktail après cocktail. A l'extrême droite (de la photo, pas de la ligne politique !), voici Nicolas le Régisseur, l'homme qui murmure à l'oreille des projecteurs, et voisine avec le fameux Alexandre. Architecte de formation et à ce titre chargé de prendre soin du bâti, Alexandre animera deux ciné-clubs dès la rentrée, un sur le cinéma grec, son pays d’origine et l’autre sur son ancien métier, décorateur de cinéma. Bienvenu au dernier arrivé dans notre petite PME qui, grâce à vous, fait vivre une dizaine de personnes.

Champions du monde

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Si l'équipe de France de football nous a ravis en remportant sa deuxième étoile, nous retrouverons sur nos écrans cette semaine d'autres champions du monde. D'abord le tenant du titre de la comédie la plus dingue de l'histoire de Hollywood où Blake Edwards a mis en scène une bombe atomique du rire incarnée par Peter Sellers, invité surprise de The Party. Dans la catégorie drame musical engagé des sixties, on n'a pas fait mieux que Hair, film phare de la contre-culture signé Milos Forman. Ces deux rééditions de prestige, toutes deux sur copie neuve et accompagnées de cycles consacrés à leur réalisateur, sont les vedettes de notre semaine au Grand Action. Toutefois, nos champions des précédentes programmations, telles Ma Fille ou les œuvres issues de L'Expérience Diagonale, mais aussi l'Affaire Thomas Crown, vainqueur de la scène d'échec la plus torride, et Phantom Thread, lauréat de l'élégance cinématographique, gardent quelques séances.

Comment Hrundi V. Bakshi, le plus dramatique des  figurants d'origine indienne, blacklisté après avoir aussi maladroitement que malencontreusement détruit un coûteux décor, a t-il pu se retrouver invité à la prestigieuse Party du producteur qu'il a ruiné ? De cet argument minimaliste, mais grâce à son incroyable sens du rythme et surtout à l'immense talent de Peter Sellers, Blake Edwards a tiré la meilleure comédie barrée des années 60. Voici donc Sellers en indien d'opérette, animé d'une capacité de nuisance qui fait paraitre délicat le célèbre éléphant du magasin de porcelaine. De bourdes en gaffes, et sans se départir de son désarmant sourire, Hrundi Sellers va déclencher une avalanche de catastrophes, dont l'enchaînement paroxysmique va faire exploser la fête hollywoodienne et les zygomatiques du plus déprimé des spectateurs. Impossible de résister au pouvoir burlesque de ce génie comique, réglé avec la précision d'une horloge suisse par Edwards. Outre la copie neuve de The Party - qui fête son cinquantième anniversaire - le Cycle Blake Edwards nous offre deux autres bijoux de comédies de cet orfèvre du

Let the sun shine

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Cet excellent conseil, particulièrement pertinent en ces temps estivaux, est l'hymne de Hair, drame musical emblématique de la contre-culture américaine. Un Cycle Milos Forman accompagne la ressortie de ce classique qui embrasse les nobles causes des années 60. Une décennie bénite que nous célèbrerons d'une toute autre manière la semaine prochaine en s'invitant à la Party, fête du rire orchestrée par Peter Sellers et Blake Edwards, auquel nous consacrons déjà un cycle. Ces rééditions qui retrouvent toute leur fraîcheur grâce à la restauration des copies, laissent de la place aux exclusivités, notamment à Ma Fille de Laura Bispuri, étoile montante du cinéma italien, et à L'Expérience Diagonale. Cette dernière nous permet de voir ou revoir les films issus de l'école de cinéma de Paul Vecchiali : Simone Barbès, Les Belles Manières et Beau temps mais orageux en fin de journée. Samedi dernières projections en présence de l'équipe des deux derniers films du toujours productif Vecchiali - Les Sept Déserteurs et Train de vies. Et puis il reste aussi quelques séances pour l'Affaire Thomas Crown, Ready Player One et Phantom Thread.  

Musical créée "off Broadway" en 1967, Hair s'impose en in l'année suivante, conserve l'affiche durant 4 ans sur le prestigieux boulevard new-yorkais et voit fleurir des adaptations, dont une en France avec Julien Clerc et Gérard Lenorman qui lancent ainsi leur carrière. Il ne faudra pas longtemps pour que le cinéma s'empare de ce succès contestataire et pacifiste. Le pari était osé d'opposer les gentils hippies aux militaires en pleine Guerre du Vietnam dans un drame populaire et musical. Mais les chansons, portées au rang de tubes, convainquirent le public autant que le subversif sujet. C'est heureusement Milos Forman qui se chargea de l'adapter à l'écran, posant son regard critique et vif sur cette histoire simple ; un regard à retrouver avec le Cycle de trois films que nous lui

Des expériences.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Un film, qu'on le regarde ou qu'on le réalise, est toujours une expérience. Certains cinéastes, comme celles et ceux liés à L'Expérience Diagonale de Paul Vecchiali (toujours à l'affiche), ont d'ailleurs porté très haut cette dimension expérimentale. Il en est de même du Collectif Jeune Cinéma qui nous propose jeudi à 20h une soirée de cinéma de recherche. Nous y verrons Muito Romântico, en présence de ses auteurs, Melissa Dullius et Gustavo Jahn. Philippe Faucon, lui, est un expérimentateur du genre naturaliste. Dans le cadre des Avant-Premières ! de CIP, association des cinémas indépendants parisiens, Philippe sera dans notre salle dimanche à 18h pour présenter son nouveau film, Amin, qui sortira en octobre. Le Ciné-club Positif clôturera la semaine mardi 10 à 20h avec Usual Suspect, belle expérience narrative de Bryan Singer, présentée par Christian Viviani. La vraie vedette de la semaine demeure toutefois Ma Fille, gamine assoiffée d'expériences et sujette du deuxième long métrage de Laura Bispuri, l'une des incarnations du renouveau du cinéma italien. Par ailleurs, certains de nos succès précédents (l'Affaire Thomas Crown, Ready Player One et Phantom Thread) conservent quelques séances et sont rejoints par un Cycle Milos Forman. Faites en l'expérience !

Le Collectif Jeune Cinéma promeut la recherche cinématographique d'un point de vue narratif, visuel et formel. Pour son rendez-vous de juillet, jeudi à 20h, il nous propose de découvrir Muito Romântico, film étrange où un exil berlinois se mue en expérience fantastique. Melissa Dullius et Gustavo Jahn, auteurs et interprètes, seront avec nous pour échanger après la projection.

Pour la troisième année consécutive, nous, Cinémas Indépendants Parisiens réunis au sein de l’association CIP, organisons la deuxième semaine de juillet des Avant-Premières ! dans chacun des 28 établissements adhérents. Ainsi, dimanche à 18h Philippe Faucon viendra nous présenter Amin, son nouvel opus. Légitimé par son enfance en Afrique du Nord, il poursuit son formidable travail sur les enfants de l'immigration. Après La Désintégration, auscultation des émeutes des cités, et Fatima, qui se bat pour

Des filles et des femmes

Chères spectatrices, chers spectateurs,

En cette période de Mondial où le football emporte tout, il est bien agréable de voir un beau film de femmes. Ma Fille, deuxième long métrage de Laura Bispuri, répond parfaitement, voire plus, à celles et ceux qui auraient cette aspiration. Outre cette sortie nationale dont la lumière sarde va illuminer nos écrans, plusieurs événements vont rythmer la semaine. Nous commencerons par un voyage exotique mercredi avec Trois Rêves de Jungle, série de courts-métrages réalisée lors d'un atelier sauvage encadré par Werner Herzog. Le même soir, les étudiants américains d'Harvard in Paris visiteront la banlieue en crise telle que Mathieu Kassovitz la montrait dans La Haine ; la séance sera, comme à l'accoutumée, précédée et suivie d'un débat. Vous aurez toute la semaine pour voir nos autres films - ceux de L'Expérience Diagonale et ceux de Paul Vecchiali, ainsi que l'Affaire Thomas Crown, Ready Player One et Phantom Thread, avant mardi. Ce soir là à 20h, se tiendra le dernier rendez-vous de la semaine, en l'occurrence une avant-première du Ciné-Club Louis Lumière. En présence du chef-op Jonathan Ricquebourg, nous découvrirons Shéhérazade, nouveau film de Jean-Bernard Marlin, présenté lors de la dernière Semaine de la Critique Cannoise.

Mercredi soir, battle d'événements. A 19h, Trois Rêves de Jungle, comme autant de courts-métrages tournés au Pérou sous le haut patronage de Werner Herzog qui y dirigeait un atelier de réalisation. Nous aurons plaisir à découvrir le résultat de cette expérience, et de rencontrer les auteurs des films, à commencer par Quentin Lazzarotto, notre ami de l’IHP organisateur de notre ciné-club Univers Convergents,  pour Carlito part pour toujours, Léopold Dewolf pour Maldonado Mambo et Samir Arabzadeh pour Dreaming of Ice Cream. L'entrée sera libre et la projection sera suivie d’un cocktail.

A 20h, les étudiants de Harvard in Parisont invité un beau duo pour débattre autour de La Haine, coup de poing cinématographique que Mathieu Kassovitz réalisa en 1995. François Taddei, biologiste, pédagogue et directeur du CRI et Stéphane De Freitas, créateur d’Eloquentia, échangeront leur point de vue sur la ville et tout ce qui l'entoure lors du débat qui suivra la projection.

Avant de terminer la saison en beauté lors du cocktail qui suivra la projection, notre séance du Ciné-Club Louis Lumière, mardi à 20h, nous permettra de découvrir en avant-première le travail du Directeur de la photo Jonathan Ricquebourg, ancien responsable du ciné-club lors de l’année 2011-2012. Jonathan viendra nous parler de Shéhérazade, dernier film de Jean-Bernard Marlin, remarqué à Cannes et Prix Jean Vigo 2018. Les personnages fictionnels de Shéhérazade, jeune prostituée marseillaise, et de Zachary, le gamin taulard qui l'aime, se sont construits suite à un travail documentaire. Et ils vivent une belle histoire d'amour, tendue et tragique.

Amour, tension, tragédie ; voilà trois mots qui pourraient convenir pour évoquer Ma Fille. Après Vierge sous serment, son premier long projeté en compétition à Berlin en 2015, la jeune réalisatrice italienne Laura Bispuri retrouve l'actrice Alba Rohrwacher (sœur d'Alice, qui vient de recevoir le Prix du scénario à Cannes pour Heureux comme Lazzaro). Dans Ma Fille, Alba interprète une jeune femme assez déglinguée, mais qui fascine Victoria, une gamine attachante, au grand désespoir de la mère de la petite, la très sage et néanmoins sublime Valeria Golino. L'histoire se déroule en Sardaigne, dans un petit village où tout se sait et tout se tait. Baignée de soleil, cette île est à la fois concrète, nature, mais aussi fantastique et magique, comme les deux femmes autour desquelles gravite

Paris en Diagonale

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Comme Hollywood (qui n'est qu'un quartier de Los Angeles), Paris est une ville de cinéma. Si, comme bien d'autres réalisateurs, Justine Triet l'a prise frontalement pour La Bataille de Solférino, présenté par Marc-Antoine Vaugeois lors de la soirée Harvard in Paris de mercredi, d'autres ont abordé Paris de travers. Ainsi, les cinéastes de L'Expérience Diagonale de Paul Vecchiali sont entrés dans la ville par le côté, une démarche qu'ils ont d'ailleurs appliqué à leur façon de faire du cinéma. Nous retrouverons cette semaine quelques un des films de cette belle école, dont certains seront présentés par celles et ceux qui en ont fait partie. Le reste de notre programme décline celui de la semaine dernière avec toujours les deux derniers opus de Paul Vecchiali - Les Sept Déserteurs et Train de vies -, ainsi que l'Affaire Thomas Crown et ses Cycle Casses du siècle, plus d'autres récent succès (My Wonder Women, Ready Player One, Phantom Thread) qui conservent une séance de rattrapage.

Mercredi à 20h, les étudiants américains délocalisés d'Harvard in Paris retrouvent notre salle pour une de leurs soirées "urbanisme et cinéma". Ils ont invité l'acteur-réalisateur Marc-Antoine Vaugeois afin de débattre après la projection de La Bataille de Solférino, précédé du court-métrage Les Miettes. Dans sa Bataille, Justine Triet a tenté une drôle d'expérience en tournant de nombreux plans de sa comédie acide lors de l'élection de François Hollande en 2012, qui fut sans doute l'un des derniers bons moments au siège historique du PS.

Autre expérience étonnante, celle de la maison de production Diagonale à laquelle nous rendons hommage. Paul Vecchiali, son fondateur, y a instauré une façon de penser et de faire le cinéma très particulière. Il a ainsi fait éclore une génération de réalisateurs multitâches qui, pour des raisons de simplicité et d'efficacité, ont principalement tourné à Paris, et pas toujours avec une autorisation ! Nous verrons trois des films issus de cette école de cinéma, dont certains seront présentés par des personnes ayant vécu L'Expérience Diagonale. Ainsi, samedi à 20h, la projection de Simone Barbès ou la vertu sera suivie d'un débat avec le réalisateur Yann Gonzalez et le monteur Raphael Lefevre. Le lendemain à 16h,

Tout droit en Diagonale.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

L'expérience Diagonale, à l'honneur cette semaine, c'est celle de Paul Vecchiali qui a construit, en bande et depuis près de 60 ans, une carrière déterminée. Car si le Vecchiali-cinéaste vient encore de réaliser deux films (Les Sept Déserteurs et Train de vies), le Vecchiali-producteur et distributeur a aussi soutenu de nombreux auteurs indépendants, dont Marie-Claude Treilhou. Elle sera avec nous lors de plusieurs projections de films issus de cette étonnante école de cinéma, dont l'un des siens, Simone Barbès ou la vertu. Outre ce cycle, trois événements vont rythmer la semaine. Si les deux premiers sont connus, le troisième est une nouveauté. Jeudi à 20h30, nous retrouverons le Ciné-club des Ecoles, avec une séance-débat-cocktail autour de Network et, mardi 19, le Ciné-club Positif nous propose une belle soirée avec Michel Ciment et Stéphane Brizé, pour la projection de son film Entre Adultes. Entre les deux, vendredi soir en l'occurrence, nos nouveaux amis du Centre Culturel Hellénique nous convient à voir ou revoir La Petite Angleterre, très beau film grec de Pantelis Voulgaris. Ces nombreux moments forts laissent un peu de place à nos récents succès, dont My Wonder Women, Ready Player One, Phantom Thread et Lady Bird. Bien sûr, l'Affaire Thomas Crown, de Norman Jewison, et son Cycle Casses du siècle demeurent également à l'affiche.

L'Expérience Diagonale, qui dura deux décennies (1976 à 1994) et vient d'être réactivée, est une véritable école de cinéma ; une façon unique de fabriquer des films, vite, pas chers et dans une urgence narrative en rupture avec les codes d'un cinéma trop formaté. Elle est le fruit d'une volonté et d'une conviction, celles de Paul Vecchiali. Il traina dans son sillage toute une équipe de jeunes gens qui partageaient des valeurs, des engagements et aussi des compétences. Ainsi, en Diagonale, on passait sans barguigner du cadre

Tous les soirs (ou presque).

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Le mois de juin est celui des baptêmes, des communions et des mariages.  Au Grand Action, c'est le mois des événements. Si nous ne sommes pas avares en soirées, débats et autres réjouissances cinématographiques tout au long de l'année, les semaines qui s'annoncent vont battre des records de festivités. Celle qui arrive vous propose ainsi plusieurs rendez-vous : presque un par soir ! Jeudi, les étudiants d'Harvard in Paris reprennent leur quartier d'été et leurs projections-débats avec À Bout de Souffle, suivi, mardi 12, de Mon Oncle. Vendredi, il y aura l'avant-première d'Armonìa, Franco et Mon grand-père, de Xavier Ladjointe en sa présence et celle de Daniel Prevost. Le même soir, les Posthumanistes feront leur cinéma avec THX 1138 et lundi, Marie-Claude Treilhou viendra nous présenter Simone Barbès ou la vertu, l'un de ses films produits par la société Diagonale de Paul Vecchiali, qui inaugure une série de soirées et de ressorties. Par ailleurs, les films de Paul (Les Sept Déserteurs et Train de vies) gardent l'affiche, tout comme My Wonder Women, Ready Player One, Phantom Thread et Lady Bird. Et tout cela laisse de la place pour l'étincelante copie de l'Affaire Thomas Crown, ainsi que le Cycle Casses du siècle qui accompagne cette prestigieuse réédition du film culte de Norman Jewison.

Chaque année, quelques étudiants de l'une des plus prestigieuses universités américaines se retrouvent au Grand Action pour parler urbanisme, architecture et cinéma. Deux soirées Harvard in Paris vont rythmer la semaine. Jeudi à 20h, la projection du premier chef d'œuvre de Godard, À Bout de Souffle, sera suivie d'un débat avec Louis Seguin, réalisateur et critique aux Cahiers du Cinéma. Deuxième mi-temps mardi 12 à la même heure, cette fois autour de Mon Oncle, du délicieux Jacques Tati, pour lancer un échange avec le biologiste et physicien Stéphane Douady. Du concentré d'intelligence !

Vendredi, un cas de conscience va se poser. D'un côté et à 19h30, l'avant-première d'Armonìa, Franco et Mon grand-père, de Xavier Ladjointe. Pour palier le silence de sa mère, ce petit-fils de réfugiés espagnol est parti en quête de son histoire familiale déchirée par la guerre. Daniel Prévost, touché par l'idéalisme des Républicains espagnols, accompagnera le réalisateur pour échanger après la projection, qui se poursuivra par un cocktail. Mais, à 20h, dans la salle voisine, le club du Cinéma Posthumaniste a invité deux universitaires - Claire Larsonneur et Carlos Tello - pour débattre de l'avenir de notre espèce en s'appuyant sur la projection de THX 1138, célèbre film de science-fiction de George Lucas,

Les inventeurs de cinéma

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Il est des cinéastes qui cherchent, sortent des sentiers battus, interrogent le monde, prennent le risque de déranger, ne cèdent rien et ne lâchent jamais. Paul Vecchiali est de ceux-là. Depuis près de 60 ans, ce brillant monsieur crée une œuvre à nulle autre pareille, toujours fraîche, interpellante, renouvelée, et poursuivie au fil des années. Nous sommes ravis et honorés de vous proposer ses deux derniers films - Les Sept Déserteurs et Train de vies - qu'il viendra lui-même nous présenter samedi, accompagné de son équipe. De 40 ans son cadet, Bertrand Mandico est animé de la même envie de se réinventer et de proposer un cinéma particulier et radical. Mardi 5 juin à 20h, le Ciné-club Louis Lumière nous convie à découvrir quelques courts-métrages du réalisateur du récent et remarqué Les Garçons sauvages. Par ailleurs, l'Affaire Thomas Crown, étincelant sur sa copie restaurée, poursuit sa carrière, tout comme nos films récent (My Wonder Women, Ready Player One, Phantom Thread et Lady Bird, dont le succès ne se dément pas).  

Formé à l'animation dans la célèbre école des Gobelins, Bertrand Mandico passe vite à la prise de vue réelle, mais continue de creuser le sillon d'un cinéma érotico-insolite, dont il poursuit l'expérience sur différents supports : photographie, dessin, collage...  Au delà de la recherche formelle, Mandico mélange les genres et tente des collaborations avec d'autres artistes, notamment Elina Löwensohn, avec qui il signe Boro in the Box. Cette biographie expressionniste de Walerian Borowczyk, réalisateur polonais à qui il consacra une exposition à Varsovie, fut primé dans de nombreux festival. Ce court-métrage de 2011 est l'un des trois (avec Living still life et Notre-dame des Hormones) qui sera projeté mardi soir. La triple projection se fera en présence de Pascale Granel, directrice de la photographie et, à ce titre, invitée du Ciné-club Louis Lumière qui se poursuivra par un cocktail.

Si, de film en film et à travers son étonnante Encinéclopédie (Editions de l'œil), Paul Vecchiali avoue son amour pour le cinéma des années 30 (celle de sa naissance), il n'en demeure pas moins un auteur-réalisateur résolument moderne, par ses sujets (la sexualité, le sida...), son écriture, sa réalisation, et son artisanat de production. Sincère, provocateur, novateur, celui que François Truffaut considérait comme l'héritier de Jean Renoir, continue de creuser son sillon et de faire entendre sa voix singulière entouré de sa bande : Marianne Basler, Pascal Cervo, Astrid Adverbe... Ces trois là, et quelques autres, sont au générique des deux derniers films de Paul Vecchiali que nous sortons cette semaine. Les Sept Déserteurs, est un pamphlet poétique noir et antimilitariste, alors que Train de vies, est une touchante balade ferroviaire dans la sexualité d'une jeune femme. Samedi à 18h, Paul et son équipe viendront

Bonnes affaires

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Depuis mercredi dernier, la somptueuse copie neuve de l'Affaire Thomas Crown éclaire nos écrans, trainant à sa suite deux cycles : celui consacré à Faye Dunaway et un autre rassemblant les plus beaux Casses du siècle filmés. Mais il est d'autres belles choses à venir glaner dans nos salles, à commencer par, dimanche et lundi, les avant-premières  des derniers films de notre ami Paul Vecchiali, en sa présence. Egalement au programme, une séance du Collectif Jeune Cinéma (ce sera jeudi soir), et tous nos succès des précédentes semaines : My Wonder Women, Ready Player One, Phantom Thread et Lady Bird.

Régulièrement, le Collectif Jeune Cinéma vient nous faire découvrir et  partager une autre forme d'expression filmique, mêlant recherche formelle, narrative et sémantique. Jeudi  à 20h, Gabrielle Reiner et Thibault le Texier, tous deux animateurs du Collectif, seront dans la salle pour nous présenter une nouvelle série de courts-métrages expérimentaux qui bousculent nos habitudes de spectateurs. C'est toujours un plaisir.

Dimanche à 16h30, notre cher Paul Vecchiali, éternel jeune homme du cinéma qui, lui aussi, n'a de cesse de le réinventer depuis ses débuts dans les années 60, nous invite à venir découvrir Les Sept Déserteurs, l'un de ses derniers films. Cinéaste volontairement marginal, Paul, qui est par ailleurs polytechnicien et ancien producteur de Jean Eustache, sera accompagné de son équipe. Il reviendra avec sa bande lundi à 20h30 pour une autre nouvelle réalisation, Train de vies. Il restera pour la séance suivante, à 22h, lors de la projection de Faux-Accords, un film de 2013. Là encore, voir la formidable énergie de Paul qui, avec la verdeur de ses 88 ans, vient de reprendre sa casquette de distributeur, est un authentique plaisir.

Le 19 juin 1968, l'Affaire Thomas Crown sortait sur les écrans américains. Les spectateurs français durent attendre octobre de la même année pour en apprécier le scénario tortueux, le charme du duo d'acteurs, l'indémodable musique de Michel Legrand et surtout la mise en scène novatrice de Norman Jewison. Le réalisateur venait alors de découvrir un nouveau procédé lors d'une exposition, et appliqua avec talent ce split-screen, qui consiste

Faye et casses.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Notre Cycle Faye Dunaway, annonciateur de la sortie sur copie neuve de l'Affaire Thomas Crown mercredi 16 mai, va s'enrichir de quelques autres prestations de cette formidable comédienne. Et pour fêter dignement la réédition dite "du cinquantenaire" - puisque ce film de cambriolage  fut réalisé en 1968 - nous lui offrons aussi un cycle Casses du siècle. Notre quinzaine, le festival de Cannes nous retenant sur la Croisette, pas de lettre mercredi prochain, sera aussi marquée par un Ciné-club Positif. Mardi 15, l'un des rédacteurs de la revue nous présentera Une Séparation, d'Asghar Farhadi. Par ailleurs, nos succès du moment (My Wonder Women, Ready Player One, Phantom Thread et Lady Bird) conservent quelques séances.

Commençons donc par mardi 15, dont la soirée sera consacrée à un Ciné-club Positif. Après le rituel cocktail de bienvenue servi à partir de 19h30, l'un des rédacteurs de la revue  animera la projection d’Une Séparation. Réalisé par Asghar Farhadi, ce drame qui obtint l'Ours d'Or à Berlin en 2011 et deux d'argent pour chacun de ses interprètes principaux, part d'une situation simple et universelle pour pointer les dysfonctionnements de  la société iranienne, engoncée dans sa bureaucratie, sa religion et ses contradictions. Et voilà un couple en pleine séparation qui plonge dans un cauchemar humain et administratif. Si vous avez raté ce bijou du riche et trop rare cinéma perse (et même si vous l'avez vu), courrez mardi soir au Grand Action.

Lorsqu'on nous nous sommes dit : "Tient ! Si on faisait un cycle films de casses pour annoncer Thomas Crown ?", les idées ont fusé tant le sujet inspira les cinéastes. La disponibilité des copies nous a un peu contraints, mais pas suffisamment pour ne pas bâtir un beau programme Casses du siècle. De L'Ultime Razzia de Kubrick au Cercle Rouge de Melville, en passant par le Guet-apens, de Peckinpah, les Tueurs de dames de Mackendrick, la Mélodie en sous-sol, de Verneuil et la série