La fête avant Noël

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Cette semaine croule sous une pluie d'événements. Mercredi, Présences Extraterrestres nous invitent à venir Seul sur Mars ; jeudi projection exceptionnelle et unique de Carmelo Bene, Uno contri tutti, et vendredi Les rendez-vous du Cinéma Grec nous présente Strella. Dimanche à 18h, nos rencontres Du Décor à l'écran convoquent Les Amants du Pont-Neuf. Le Ciné-club Louis Lumière du mois conclura la semaine mardi avec Pascal Villard, monteur son de Sur mes lèvres. Si entre deux de nos rendez-vous, vous êtes tentés d'aller au cinéma, sachez que Les Chasses du comte Zaroff sont toujours ouvertes, et que nos - déjà - ancien succès (Prince des Ténèbres, L'Adieu aux Armes, Breaking Away, Leave no trace et First Man) conservent quelques séances.

Allons-y par ordre chronologique. Mercredi 20h, le Ciné-club scientifique, puisqu'initié par un astrophysicien, un anthropologue et un paléontologue, Présences Extraterrestres, a demandé à François Forget, spécialiste de l'exploration spatiale au CNRS, et à Dominique Peysson, artiste contemporaine et Docteur en Physique, d'animer le débat. Nous ne serons donc pas Seul sur Mars, contrairement à Matt Damon, astronaute abandonné par sa collègue Jessica Chastain sur la Planète Rouge, avec la caméra de Ridley Scott.

Le lendemain, nous assisterons à un grand moment de télévision. En juin 1994, Carmelo Bene, trublion performeur italien, transforma le célèbre talk-show de Maurizio Costanzo en incroyable arène philosophique et politique. Deux heures de délire, pour une unique séance. Carmelo Bene, Uno contri tutti, ce sera jeudi à 20h30, avec un verre à suivre.

Strella, de Panos H. Koutras, que Les rendez-vous du Cinéma Grec nous présentent vendredi à 20h, est aussi un personnage assez fou. Ou folle, puisqu'il/elle chante dans un cabaret de transsexuels. ça ne l'empêche pas de sympathiser avec son voisin de palier, ex-taulard qui, après 14 ans de prison, veut retrouver son fils dans Athènes, une ville qui lui est devenue étrangère.

Dimanche à 18h, du Décor à l'écran nous entraîne dans le sillage d'autres marginaux. Binoche et Lavant sont incroyables en Amants du Pont-Neuf, paumés dans un Paris reconstitué par Leos Carax. L'équipe déco du film, dont Michel Vandestien (sous réserve) et Franck Schwarz, sera avec nous pour évoquer la catastrophique saga des décors de ce film,

Frissons et son

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Les frissons, ce sont ceux que provoque le cinéma du grand John Carpenter auquel nous consacrons notre week-end. Samedi et dimanche, plein de films sur copie neuve, présentés par des spécialistes, afin d'accompagner la ressortie du Prince des Ténèbres… Ce pourrait être le surnom de Carpenter ! Quant au son, il est aussi en vedette avec, jeudi à 20h, le premier Ciné-club AFSI (Association Française du Son à l'Image). L'occasion de voir le récent Woman at war, de l'Islandais Benedikt Erlingsson, en présence de l'équipe qui fit que son génial film militant n'est pas muet ! Ajoutez à ça deux avant-premières : une mercredi pour Même qu'on naît imbattables ! L'autre lundi pour Sergio Leone, une Amérique de légende. Ces deux documentaires seront présentés par leurs artisans. Toutes ces manifestations laissent un peu de place à L'Adieu aux Armes, où Frank Borzage adapte Hemingway, Breaking Away, délicieux Peter Yates très 70's, le First Man sur la lune de Damien Chazelle, l'échappée Leave no trace de Debra Granik et l'infiltré BlacKkKlansman de Spike Lee.

Honneur au son, et à notre nouveau Ciné-club AFSI qui donne la parole aux professionnels de l'oreille. Après ceux de l'image et de la déco, il était bien normal qu'ils aient, eux aussi, leur ciné-club. Pour leur coup d'essai, jeudi à 20h, ils projetteront Woman at war, où Benedikt Erlingsson raconte le combat écologique d'une rebelle islandaise au caractère bien trempé. Les artisans de la bande passante du film - François de Morant à la prise de son, Olivier Touche au montage paroles, Aymeric Devoldère et Raphaël Sohier au montage son - seront tous dans la salle pour débattre avec le public. Ça va faire du bruit !

Il y a plus de 40 ans que John Carpenter glace le public, réjouit ses producteurs et ravit la critique. Réalisateur, mais aussi scénariste et compositeur, il a imposé ses règles au cinéma de science fiction et d'épouvante au point d'être considéré comme un maître de l'horreur. Nous consacrons notre week-end à John Carpenter, avec une série de projections de ses films phares sur copie neuve. Il connut le succès dès les années 70 avec Assaut et surtout Halloween, terrifiant cauchemar festif dont il a aussi signé la musique ; le réalisateur Nicolas Saada viendra nous le présenter dimanche à 16h30, avant de laisser la parole à

Fantastique !

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Si l'adjectif peut bien souvent s'appliquer à notre programmation, le nom désigne un genre que nous mettons en ce moment à l'honneur. Après le week-end Carpenter que vous fûtes nombreux à plébisciter, Le Prince des Ténèbres est toujours à l'affiche, rejoint ce mercredi par un grand classique du fantastique, Les Chasses du comte Zaroff. Ce genre fait aussi partie de l'ADN de notre rituel rendez-vous avec le Cinéma Posthumaniste, qui nous invite vendredi à voir et à échanger autour du Snowpiercer, de Bong Joon-Ho. L'adjectif, lui, s'applique à Man on the Moon (rien à voir avec le First Man de Chazelle), fantastique comédie de Milos Forman choisie pour le Ciné-Club Positif de mardi 11 et présentée par Michel Ciment lui-même. Par ailleurs, L'Adieu aux Armess, très belle adaptation millésime 1932 de Hemingway par Frank Borzage, est encore visible ; tout comme Breaking Away, Leave no trace et First Man, déjà cité.

Vendredi à 20h, Carlos Tello, Universitaire de Paris VII et grand manitou du Cinéma Posthumaniste, a invité Frédérique Leichter-Flack, maître de conférences à Paris X, pour débattre après le train d'enfer du Snowpiercer. Bong Joon-Ho a adapté la BD post-apocalyptique de Lob et Rochette, où des survivants du cataclysme final circulent, selon leur classe sociale, dans différents wagons d'un convoi ferroviaire inarrêtable et fascisant. Pour se remettre de cette glaciale course folle, un cocktail suivra au Grand Bar.

Mardi à 19h30, le cocktail rituel offert par le Champagne Veuve Cheurlin introduira le Ciné-Club Positif du mois, présenté par Michel Ciment, grand gourou de la meilleure revue de cinéma du monde et lumière de la critique. Il nous conduira jusqu’à la projection de Man on the Moon, biopic du Stand-upeur Andy Kaufman, hilarant, provoquant, irritant et mort prématurément en 1984. Jim Carrey interprète l’histrion, mis en scène par le grand Milos Forman, lui-même décédé en avril dernier.

Passée au pluriel suite à une erreur de traduction, Les Chasses du comte Zaroff est l'adaptation de The most dangerous game (titre original), une nouvelle de Richard Connell. Il y racontait l'histoire d'un comte russe

L'envers du décor.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Alors que s'achève à peine une semaine riche d'événements, voici qu'en débute une autre encore plus agitée, rythmée par trois Ciné-clubs : mercredi, celui de la Chambre Noire nous propose Médée ; celui des Ecoles nous convie jeudi pour Orfeu Négro et Louis Lumière, mardi, à voir Pas comme des loups. Cette semaine inaugure également un nouveau Festival du Décor à l'Ecran, avec plein de projections, de rencontres et de débats avec des artisans de l'esthétique du film. Tout cela n'empêche par L'Adieu aux Armes, très belle adaptation du célèbre roman d'Ernest Hemingway réalisée par Frank Borzage en 1932 et magnifiquement restaurée, de poursuivre sa carrière, ni nos précédents succès (Breaking Away, First Man, Leave no trace et BlacKkKlansman) de conserver quelques séances.

Commençons par le Ciné-club de la Chambre Noire qui, mercredi à 20h, a invité le critique René Marx à débattre après la projection de Médée. Pier Paolo Pasolini offre ici le rôle de la fascinante magicienne infanticide à Maria Callas, pour l'unique apparition de la diva à l'écran. Deux mythes en un seul film.

Le lendemain à la même heure, le Ciné-club des Ecoles a choisi Orfeu Négro pour son rendez-vous de novembre. Une autre lecture d'une histoire mythologique, celle d'Orphée et Eurydice, transposée dans le Brésil des années 50 par Marcel Camus. Le réalisateur René Letzgus animera le débat après ce film, qui obtint la Palme d'Or 1959 et l'Oscar en 1960.

La semaine se terminera mardi à 20h avec un Ciné-club Louis Lumière. Vincent Pouplart, réalisateur de Pas comme des loups, échangera avec le public à la suite de la projection de son touchant documentaire sur deux jeunes garçons un peu à la marge. Le film sera précédé du court-métrage Le Silence de la carpe, et la soirée se prolongera autour d'un verre au Grand Bar.

Vendredi, samedi et dimanche, nous changerons de décor pour évoquer une profession mal connue, et pourtant essentielle, de la production cinématographique. Notre nouveau Festival du Décor à l'Ecran veut mettre en lumière celles et ceux qui imaginent, choisissent et conçoivent les lieux, les pièces, les meubles, les couleurs, les paysages dans lesquels évoluent les acteurs d'un film. Plusieurs grands noms de la déco, accompagnés parfois de réalisateurs ou d'autres techniciens, viendront échanger avec la salle pour mieux faire connaître leur art et leur savoir-faire. Vendredi à 19h, le Van Gogh de Maurice Pialat lancera le Festival du Décor à l'Ecran, en présence de la décoratrice Katia Wyszkop, qui

L’adieu à l’ennui.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Avec tous les événements de cette semaine, vous ne risquez pas de vous ennuyer ! D'où notre titre, qui est aussi une manière délicate d'annoncer la ressortie sur copie neuve et restaurée de L'Adieu aux Armes, perle pour cinéphiles de Frank Borzage d'après le roman d'Ernest Hemingway. Outre cette reprise, et la poursuite de nos précédents films (dont Breaking Away, First Man, Leave no trace et BlacKkKlansman), alterneront donc, avant-première, festival, ciné-club et soirée corse. Allons-y dans l'ordre chronologique.

Mercredi, à 19h et 21h, les derniers groupes ayant participé au Festival Faire un Film en 48h (FFF48H) nous présenterons leur travail, soumis évidemment au vote du public. Bonne chance à eux, sachant que, les semaines précédentes, l'on a vu quelques belles réussites.

Ghjovi 15 novembri (Jeudi donc), à 20h30, la soirée sera corse, avec la projection du dernier moyen-métrage de Rinatu Frassati, Béatrice, prénom d'une célèbre actrice à laquelle une jeune réalisatrice veut consacrer un film. Elle part chercher l'inspiration sur l'île de Beauté, qui s'avère être aussi celle des surprises… Rinatu nous en fait une autre en conviant son amie Marie Murcia à montrer en avant programme Un Cœur de femme, sa dernière comédie féministe. Cette soirée "Corse Métrage" se poursuivra par un buffet figatelli-Piétra-pace-salute.

Nous restons en Méditerranée le lendemain avec le mensuel Rendez-vous du Cinéma Grec. La réalisatrice Maria Iliou animera le débat qui suivra la projection de 20h30 Des Deux Côtés de la mer Egée. Ce passionnant documentaire réunit des images d'archive rares, voire inédites, sur les échanges forcés de populations entre la Turquie et la Grèce dans les années 20 ; des événements traumatiques pour les deux peuples, que les Hellènes appellent d'ailleurs la Grande Catastrophe.

Changement d'ambiance et de décor lundi à 20h30, avec l'avant-première de Même qu'on naît imbattables ! un documentaire de Marie Cuerq et Elsa Moley. Les deux complices sont parties en Suède, premier pays à avoir interdit les violences éducatives en 1979, pour voir comment se portait la jeunesse scandinave. Une observation passionnante, projetée dans le cadre de la Journée Internationale des Droits de l'Enfant, et suivie d'un débat avec les réalisatrices et la psychothérapeute Brigitte Oriol.

Cette semaine d'événements se terminera mardi soir par un Ciné-club Positif précédé, “as usual”, d'un cocktail offert à 19h30. Nous verrons ensuite La Tragédie de la Mine, où Georg W. Pabst s'inspire d'une véritable catastrophe arrivée en 1906,

Le passé, le futur et l'avenir.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Dimanche 11 novembre à 18h, nous célébrerons le centenaire de l'armistice de 1918 en voyant l'avant-première d'une copie restaurée de L'Adieu aux Armes, de Frank Borzage, annonçant sa ressortie. Le futur sera, pour sa part, évoqué par deux ciné-clubs. Mercredi à 19h30, séance Présence Extraterrestres avec Interstellar, de Christopher Nolan, suivi d'un débat scientifique. Un autre se tiendra vendredi soir, lors d'un rendez-vous du Cinéma Posthumaniste, précédé de Woody et les Robots. L'avenir sera celui du cinéma avec la suite des projections de sélection du Festival Faire un Film en 48h (FFF48H). Breaking Away, de Peter Yates, rappelle lui le passé de l'avenir, quand les jeunes gens des années 70 rêvaient de leur futur ; la séance de jeudi 20h sera présentée par Sylvain Lefort, rédacteur chez Revus et Corrigés. Par ailleurs, First Man et Whiplash, dernier et premier film de Damien Chazelle, gardent l'affiche, tout comme Leave no trace, de Debra Granik, et BlacKkKlansman, de Spike Lee.

Cette semaine riche d'événements démarre dans les étoiles mercredi à 19h30 avec Interstellar, formidable voyage dans l'espace, le temps et le mystère de Christopher Nolan, proposé par Présence Extraterrestres. Roland Lehoucq, astrophysicien au CEA et Daniel de Smet, Directeur de recherches sur les religions monothéistes au CNRS, animeront le débat à suivre. Il devrait nous entraîner aussi loin que le film.

Le Cinéma Posthumaniste, dont la prochaine séance se tiendra vendredi à 20h, s'intéresse à l'après-nous. C'est exactement ce que vit un boutiquier bio new-yorkais, décongelé deux siècles après sa cryogénisation dans les années 70. Comment un Juif névrosé vivra t-il dans le futur ? Telle est la question de Woody Allen, réalisateur et interprète de Woody et les Robots. Après cette succulente comédie, un débat permettra à Charlotte Servel, doctorante en littérature et cinéma, et Carlos Tello, tous deux issus de l'Université Paris VII, de continuer la réflexion. Elle sera prolongée, par d'autres truchements,

Vous n'avez rien contre la jeunesse ?

Chères spectatrices, chers spectateurs,

On l'espère, car notre programme de la semaine la célèbre. Entre la soirée de clôture du Festival Smells Like Teen Spirit, la reprise sur copie neuve de Breaking Away, et les projections du Festival Faire un Film en 48h (FFF48H), la phrase de la petite vendeuse des Cahiers du Cinéma qui se fait rembarrer par Belmondo dans A Bout de Souffle sonne juste. Nous, nous n'avons rien contre la jeunesse et sommes bluffés par le talent précoce de Damien Chazelle (33 ans), réalisateur de First Man et de Whiplash, séduits par la vision qu'en donne Debra Granik dans Leave no trace, et réjouis du culot de deux jeunes policiers Noirs, Flic de Beverly Hills ou BlacKkKlansman.

Après nous avoir régalés de films sur la jeunesse, le Festival Smells Like Teen Spirit se termine en cauchemar mercredi soir. Pour fêter la nuit d'Halloween, nous verrons Freddy-les Griffes de la nuit à 20h et Scream à 21h45. Il ne va pas être facile d'aller se coucher après deux juvéniles et terrifiants Wes Craven ! Samedi dernier, l'avant-première de Breaking Away avait ouvert ce festival. C'est un euphémisme de dire que la reprise sur copie neuve de ce film culte, invisible depuis 40 ans en France, est attendue. Dans un bled de l'Indiana, un fils de prolo qui traîne avec ses potes, va défier sur son vélo des jeunes gens issus de classes plus favorisées. Réalisé par Peter Yates, Breaking Away obtint l'Oscar du Scénario en 1979, couronnant le travail du dramaturge Steve Tesich. D'origine Serbe, il écrivit une douzaine de pièces de théâtre, des romans (dont Price et Karoo, publiés en français aux éditions Monsieur Toussaint Louverture) et quelques scripts, dont celui de Georgia d'Arthur Penn et l'adaptation du Monde selon Garp, de George Roy Hill, d'après John Irving. Après le succès de Breaking Away, il travailla à deux reprises pour Yates, mais mourut prématurément à 53 ans, en 1996. Grands faiseurs de polars (on citera bien sûr Bullitt), le réalisateur a touché à pas mal de genres, et s'essayait ici à la comédie dramatique et sociale avec brio. Si l'on écrit que Breaking Away est un teen movie issu

Young american.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Deux jeunesses américaines se font face cette semaine au Grand Action. D'un côté, de jeunes pionniers déterminés, dont l'un sera le First Man à poser son pied la lune. Aux côtés du dernier film de Damien Chazelle, se tiennent les représentants d'une autre jeunesse, moins mûrs et pas uniquement américains d'ailleurs, plus tourmentés par les troubles de leur âge et héros de notre Festival Smells Like Teen Spirit. Par ailleurs, le Ciné-club des Ecoles nous invite à revoir Les Yeux sans visage jeudi soir, et nos autres films de la semaine dernière conservent des séances.

réalisateur Fabien Legeron nous présentera Les Yeux sans visage, l'un des rares films fantastiques - voire d'épouvante - français, qui inspira même George Romero. Avec son horrifique histoire de greffe de visage, Georges Franju a signé un film important et le débat nous donnera l'occasion d'évoquer ce réalisateur expressionniste, mort en 1987.

Le Festival Smells Like Teen Spirit célèbre l'adolescence, cet âge des possibles où tout semble encore permis. Notre sélection est menée cette année par une ressortie de prestige, projetée en avant-première samedi à 18h. Vincent Dupré, distributeur, nous dira tout sur Breaking Away, film culte invisible depuis 40 ans de Peter Yates, dont la filmographie, phagocytée par Bullitt, ne se résume pourtant pas à ce thriller. On reviendra sur ces cyclistes fêtards la semaine prochaine. Le Festival SLTS se poursuivra dimanche avec d'autres jeunes sportifs : Wassup Rockers et Paranoïd Park donnent deux visions du monde pas très tendre des skaters, Bliss montre des filles paradant en rollers et La Naissance des Pieuvres suit des nageuses pas très synchronisées. A 17h50, Derek Woolfenden, réalisateur récemment couronné d'un prix lors du Festival des Cinémas Différents et Expérimentaux, viendra nous présenter la copie neuve War Games, un fantastique John Badham qui parle de piratage informatique et marqua les années 80, que nous ressortirons en février. Lundi, le temps fort sera la présence de Claire Simon qui, après la séance de 19h30, débattra de son dernier film avec le public. Le lendemain, soirée David Robert Mitchel. Qui a vu Under the Silver Lake, sorti cet été, sera ravi de découvrir ses précédents opus : The Myth of the American Sleepover, inédit en

Décrocher la lune.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Depuis la préhistoire, la lune fascine les hommes. Avec Cyrano de Bergerac, puis Jules Verne, elle est entrée en littérature et Méliès en a fait un sujet de cinéma, repris par le dernier Damien Chazelle. First Man raconte l'histoire du premier homme qui y posa le pied ; un petit pas pour Neil, un grand pour l'humanité. Si cette exclusivité fait l'objet d'une sortie en fanfare, lancée par un mercredi soir de prestige avec des scientifiques (Brigitte Zanda, Philippe Henarejos et Jean-Philippe Uzan), quatre autres événements font décoller notre semaine. Jeudi soir, ce sera Ciné-Ma-Russie avec Alexandra, et vendredi, les Rendez-vous du Cinéma grec avec La Fille en noir. Dimanche à 18h, nous verrons Latcho Drom, en présence de Tony Gatlif et du décorateur Denis Mercier pour une séance Du décor à l'écran. La huitaine se conclura avec un Ciné-club Louis Lumière et le merveilleux Ornithologue, présenté par Yov Moor. Toutes ses soirées se poursuivront par un cocktail, sauf le Rendez-vous du Cinéma grec de vendredi.

Après le très remarqué Whiplash (que vous pourrez revoir samedi à 21h30), et le très oscarisé La La Land, le jeune et talentueux Damien Chazelle fait décoller sa filmographie en s'attaquant à un sujet prestigieux : la conquête de la lune. Son axe est un biopic (on aime pas trop le terme, assez réducteur, mais pas faux quand même) de Neil Armstrong, le First Man à avoir posé son pied sur notre si poétique satellite. Pour s'atteler à cette lourde production, Chazelle fit appel à un poids lourd du cinéma : Steven Spielberg co-produit le film et l'on peut d'ailleurs sentir sa patte. Alternant les scènes privée, parfois dramatiques, les moments de recherche et de doute à la NASA, et les séquences d'action - essai, test, décollage, vol orbital, alunissage... accidents aussi - Chazelle compose un film assez classique dans sa narration, et parfaitement maîtrisé dans sa forme. Ryan Gosling prête son physique avenant et parfois butté à cet homme dont l'objectif se situe à 400 000 km

Bizarre, comme c’est bizarre…

Cette semaine, notre programme prend une tournure étrange que la punch line de Louis Jouvet introduit parfaitement. Elle sera en effet marquée par le Festival des Cinémas différents et expérimentaux de Paris avec, de mercredi à dimanche, de déroutants objets filmiques, passionnants et intrigants, sélectionnés par nos amis du Collectif Jeune Cinéma. Mardi 16 à 20h, le Ciné-club Positif nous propose, dans la lignée du dossier de la revue consacré à la comédie musicale, All that jazz, de Bob Fosse, où la mort danse et chante. Hum-hum... Bizarre aussi, le regard que ses collègues jettent sur Le Flic de Beverly Hills, héros d'une comédie policière phare des années 80 avec un excellent Eddie Murphy, que nous ressortons sur copie neuve. Nos précédents succès, avec notamment BlacKkKlansman et Leave no trace, dernières réalisations respectives de Spike Lee et Debra Granik, poursuivent leur carrière. Rien ici de bizarre.

Le cinéma expérimental est en grande partie né des déchets (...) Il y a d'ailleurs trouvé son compte, puisqu'il en a sorti des chutes, des caméras cassées et obsolètes, des matériaux usés qui ont fait les choux gras de l'expérimental jusqu'à nos jours. (...) Alors que le numérique tente de lisser toutes les aspérités et de réduire les risques de déchets possibles, certains artistes tentent de remettre à vue le rebut. Le ton du Festival des Cinémas différents et expérimentaux de Paris est donné dans son éditorial de présentation. Nous sommes ravis d'accueillir ces réalisateurs de la bizarrerie et de la marge, qui préfèrent la recherche à l'industrie. Parmi les 42 films de 22 nationalités, exigeants et toujours passionnants, proposés par le FCDEP, certains renouent cette année avec le "jeune public". De quoi faire naitre des vocations d'expérimentateurs filmiques. Le cinéma aura toujours besoin de chercheurs, ne serait-ce que pour ne pas finir dans la benne à ordures des produits formatés.

Pour illustrer le passionnant dossier de Positif consacré à la comédie musicale, mardi 16, le Ciné-club Positif nous propose d'en revoir une particulièrement marquante, Palme d'or à Cannes et multi-oscarisée en 1980. Dans All that jazz, Bob Fosse montre l'étrange et musical dialogue avec la mort d'un chorégraphe qui joue avec sa vie. C'est brillant et magnifique. Après le cocktail au Grand Bar offert à partir de 19h30 par nos amis du champagne Veuve Cheurlin, des Trois Chouettes et de l’Intendance Suivra, Christian Viviani, rédacteur chez Positif et grand spécialiste de ce genre où l'on chante et l'on danse dans toutes les circonstances, nous présentera le film.

Iconoclaste et rigolard, Axel est inspecteur de police à Detroit. Après le meurtre d'un de ses amis, il part enquêter officieusement et devient Le Flic de Beverly Hills, avant de semer un sacré souk dans ce quartier huppé de Los Angeles. Au milieu de ces dévergondées et flamboyantes années 80 bercées aux synthétiseurs, Martin Brest réalisa

Différent.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Le rôle d'un cinéma indépendant n'est évidemment pas de projeter lesblockbusters, ces gros films issus des studios hollywoodiens. Toutefois,certaines productions d'envergure, lorsqu'elles sont de qualité, ont leurplace chez nous. Par exemple, si Martin Scorsese est à la caméra,comme pour Casino, réédité sur copie neuve, ou si Spike Lee, le plusmainstream des réalisateurs marginaux, signe un BlacKkKlansman,nous n'allons pas bouder notre plaisir. Mais, notre cœur de métier -comme disent les marketeurs qui rêvent de régenter un monde mis en équation - demeure un cinéma plus exigeant et, pour tout dire, différent. Indépendant, comme Leave no trace, petite perle que Debra Granik réalise 8 ans après Winter's Bone, ou carrément expérimental, comme celui que proposent nos amis du Collectif Jeune Cinéma. La vingtième édition de leur Festival des Cinémas différents et expérimentaux de Paris (FCDEP) va prendre son envol au Grand Action. Soirée d'ouverture, naturellement différente mais agrémentée d'un cocktail, mardi 9 à 19h.

En 1998, une bande d'hurluberlus à la cinéphilie pointue, menée par Marcel Mazé, l'un des fondateurs du Collectif Jeune Cinéma, faisait le pari de lancer un événement pour rassembler celles et ceux qui exploraient d'autres voies et aimaient les films différents. 20 ans plus tard, Marcel nous a quittés mais le FCDEP existe toujours et revient sur sa riche histoire. La soirée de mardi débutera à 20h avec la reprise de quelques films, foisonnants, déroutants, passionnants, de la première édition du festival. Après un entracte au Grand Bar, la soirée se poursuivra avec un ciné-concert. Stéphane Rives improvisera sur son saxophone, lors de la projection de Street Film, primé en 1979 au regretté festival du Jeune cinéma de Hyères, qui se tint dans le Var de1965 à 1983, et dont le FCDEP est une sorte d'héritier. Invisible depuis 40 ans et récemment numérisé, Street Film est emblématique du travail de Robert Fulton, connu pour tenir sa caméra en effectuant des mouvements de taï-chi, proposant ainsi une autre vision du monde. Quand on dit différent…

Différent aussi, indépendant surtout, mais touchant avant tout, le cinéma de Debra Granik trace son sillon. Après le très remarqué Winter's Bone, réalisé en 2010, la réalisatrice a pris le temps de signer un documentaire avant d'enchaîner sur une nouvelle fiction. Voici donc Leave no trace, l'histoire d'un vétéran des guerres américaines qui veut exister à l'écart du monde, et enseigner à sa fille de 15 ans qu'une autre vie est

Disparaître.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Disparaître, c'est le but des héros de Leave no trace, nouveau film de Debra Granik, et l'activité principale du père de l'héroïne de Winter's Bone, son précédent opus. Notre titre évoque aussi la disparition d'une douzaine de femmes, victimes de L'Etrangleur de Boston, film de Richard Fleischer choisi par le Ciné-club des Ecoles pour sa séance de jeudi 20h. Il peut aussi faire référence à l'effacement du flic noir de BlacKkKlansman quand il s'agit de rencontrer les membres du KKK, ou aux millions de dollars dont le Casino de Scorsese permet l'évaporation. La disparition serait-elle un sujet de cinéma ? Possible, mais paradoxal pour un art du voir.

Jeudi à 20h, le Ciné-club des Ecoles fait sa rentrée avec le passionnant historien du cinéma Michel Etcheverry pour éclairer les débats. Il nous entretiendra d'un film inspiré d'un terrible fait divers qui secoua la capitale du Massachussetts au début des années 60. L'Etrangleur de Boston viola et assassina une douzaine de femmes, avant d'être arrêté presque par hasard, puis de mourir poignardé en prison, laissant planer le doute sur son implication dans certains crimes. Le film de Fleischer s'intéresse à la personnalité double du meurtrier, et utilise abondamment le split-screen (division de l'écran rendue célèbre par Thomas Crown, réalisé cette même année 68) pour multiplier les points de vue. Malgré la présence à contre-emploi de Tony Curtis, qui brillait alors dans la comédie romantique, pour incarner le tueur, Fleischer traite son sujet quasi comme un documentaire, accentuant ainsi sa force et sa tension. Heureusement, un cocktail à suivre nous permettra de nous remettre du traumatisme de L'Etrangleur de Boston au Grand Bar.

Il y a suffisamment de récits de la vie des riches et puissants, des rois et reines, des politiciens et des banquiers, des seigneurs du crime ou des barons de la drogue", confiait Debra Granik à Julien Gester, dans Libération du 19 septembre. Elle préfère donc s'intéresser aux histoires de la rue, aux personnages à la Dickens qui doivent inventer comment naviguer dans leur vie. Une veine qui a donné naissance

La trace.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Si nous sommes nombreux à espérer laisser une trace, le père et sa fille de Leave no trace, nouveau film de la talentueuse Debra Granik que nous avons reçue dimanche dernier, ont à cœur de disparaître au regard du monde. Et pourtant, on a bien envie de les suivre... Si nous pourrons aussi voir Winter's Bone, autre réalisation de cette figure du cinéma américain indépendant, ainsi que nos précédents succès (notamment BlacKkKlansman, le nouveau Spike Lee, et la réédition du Casino de Scorsese), cette semaine est aussi marquée par trois événements. Jeudi, Ciné-ma Russie remonte au front avec Brèves Rencontres, de Kira Mouratova, présenté par Eugénie Zvonkine. Samedi à 19h, l'équipe de Hostile, premier film post-apocalyptique de Mathieu Turi, viendra nous le présenter en avant-première. Enfin dimanche à 18h, nous inaugurerons un nouveau ciné-club consacré au décor de cinéma, Du Décor à l'écran, avec Delicatessen, de Jeunet et Caro, en la présence de Jean-Pierre Jeunet et du décorateur Jean Rabasse.

On connait le talent de Macha Méril et ses amis de Ciné-ma Russie pour dénicher des perles venues de l'Est. Ce sera encore le cas avec Brèves Rencontres, touchante histoire d'un trio amoureux au temps des Soviets. Jeudi à 20h30, la spécialiste du cinéma russe Eugénie Zvonkine viendra nous présenter ce film de 1967, et rendre hommage à  Kira Mouratova, son réalisateur, décédé en juin dernier.

Né en 1987 à Cannes (prédestination ?), Mathieu Turi a fait ses armes dans le court-métrage puis en assistant des pointures, tels Tarantino ou Besson. Pour son premier long, il s'attaque au fantastique et suit Juliette qui, dans un monde en ruine et forcément Hostile, tente de survivre en évitant des zombies noctambules. Sauf, qu'une nuit, elle a un accident... Gregory Fitoussi, comédien, et l'équipe de production viendront samedi à 19h nous présenter l'avant-première de Hostile, tournée en anglais et dont la bande annonce façon Mad Max fait drôlement envie.

Le lendemain à 18h, un nouveau ciné-club prendra ses marques dans nos salles. Comme son intitulé le laisse entendre, Du Décor à l'écran s'intéresse à tout ce qui entoure les acteurs et invente leur cadre de jeu. Pour sa première, Du Décor à l'écran a invité Jean-Pierre Jeunet co-réalisateur et Jean Rabasse, l’un des  décorateurs de Delicatessen. Signalons d'ailleurs que le film suivant de Caro et Jeunet, la Cité des Enfants perdus, valut à Jean Rabasse le César 1995. Après la projection de l'étonnante fable du boucher de Delicatessen et de ses voisins, les deux complices échangeront avec

La semaine la plus longue.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Si notre titre détourne celui d'un grand film de guerre auquel Spike Lee fait référence dans Miracle à Santa Anna (toujours à l'affiche du Cycle Spike Lee qui accompagne son nouveau BlacKkKlansman et son fameux Do the Right Thing), c'est que la semaine qui commence s'annonce riche en événements. Son point d'orgue se tiendra dimanche avec la venue de Debra Granik, figure incontournable du ciné indépendant américain, qui nous présentera deux films, dont son dernier - Leave no trace - en avant-première. Avant, il y a mercredi qui verra la reprise du Ciné-club de la Chambre Noire avec Drum, de Keywan Karimi en sa présence et celle de Bamchade Pourvali, spécialiste du cinéma iranien. Et aussi vendredi avec, à 20h, la première de nos nouveaux rendez-vous du cinéma grec, inaugurés par La Pierre Triste, passionnant documentaire de Filippos Koutsaftis. Enfin, mardi 18, nous conclurons avec un Ciné-club Positif, où le journaliste Olivier Curchod nous chantera La Marseillaise de Jean Renoir. Pour parachever ce généreux programme, nous parions aussi sur la reprise du génial Casino, de Martin Scorsese, restauré et sur copie neuve. Faites vos jeux !

Jeune réalisatrice sur laquelle notre Michel Ciment préféré ne tarie pas d'éloge, Debra Granik trace une œuvre originale et forte, en s'éloignant de la narration cinématographique classique. De retour de Deauville, elle passera au Grand Action dimanche pour présenter deux de ses films. A 16h30, nous verrons en avant-première son dernier, Leave no trace, où elle suit le parcours de la jeune Tom, élevée en pleine nature par son père, mais que la société va vouloir sortir de la marginalité. Debra viendra ensuite débattre avec le public, puis introduira, à 19h30, Winter's Bone. Réalisé en 2010, cette adaptation d'un roman de Daniel Woodrell, révèlera l'alors adolescente et débutante Jennifer Lawrence. Ce film, nommé ou récompensé dans de nombreux festivals, lança aussi la carrière de Debra qui, après deux documentaires, revient très fort avec Leave no trace, que nous sortirons mercredi 19.

Pour sa reprise, mercredi à 20h, le Ciné-club de la Chambre Noire s'est intéressé au cinéma iranien qui, malgré les difficultés politiques, persiste

La rentrée des cinés.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Si Spike Lee caracole en haut de l'affiche avec son nouveau BlacKkKlansman, son culte Do the Right Thing, son inédit Miracle à Santa Anna et les autres films du Cycle que nous lui consacrons, il n'empêche pas la reprise de nos ciné-clubs. Deux d'entre eux reviennent cette semaine pour une nouvelle saison, en attendant le retour des autres, et l'arrivée d'un nouveau venu, Les Rendez-vous du Cinéma grec, qui fera son premier tour de piste le 14 septembre. Mais honneur aux prochains, en l'occurrence un Cinéma Posthumanisme vendredi soir avec Holy Motors, de Leos Carax, et un Ciné-club Louis Lumière mardi soir pour l'Ombre des femmes, de Philippe Garrel, en présence de Monsieur Renato Berta.

Vendredi à 20h, nos amis du club Cinéma Posthumanisme, toujours à la recherche de ce qui fera vibrer l'image quand l'humain aura muté, nous propose de revoir Holy Motors, le dernier opus connu de Leos Carax, en attendant la sortie du mystérieux prochain... En 2012, Carax retrouvait son Denis Lavant fétiche pour incarner les tribulations existentielles de l'étrange et protéiformes monsieur Oscar. Présenté à Cannes en 2012, Holy Motors déroute autant qu'il fascine, et il introduira merveilleusement la discussion à suivre. Carlos Tello, de l'Université Paris VII, grand manitou de ce cycle, a invité Marie-Laure Delaporte, Docteur en Histoire de l'Art, pour répondre aux nombreuses questions que pose ce cinéma de recherche. Un cocktail à suivre permettra de prolonger le débat.

Le Ciné-club Louis Lumière est l'un de nos plus anciens rendez-vous. Il fête sa rentrée en fanfare mardi à 20h en invitant Renato Berta, l'un des plus grands chefs opérateurs en activité. Collaborateur régulier de Philippe Garrel, il interviendra avant et après la projection de l'Ombre des femmes, variation autour

Films noirs.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Une fois n'est pas coutume, le Grand Action réserve ses salles à trois films d'un seul cinéaste. Spike Lee, ardent défenseur de la cause noire, est l'unique vedette de nos écrans, sur lesquels triomphe BlacKkKlansman, son nouvel opus couronnée d'un Grand Prix du Jury au dernier Festival de Cannes. Nous sortons cette semaine Miracle à Santa Anna, réalisé en 2008 mais inédit en France pendant que la copie restaurée de Do the Right Thing poursuit sa carrière.

Celle de Spike a vraiment débuté avec ce fameux Do the Right Thing, réalisé en 1989, où il interprétait l'un des rôles aux côtés de Joie, sa sœur, Samuel L. Jackson et John Turturro. Dans ce film choral où la canicule écrase les rues populaires de Brooklyn et exacerbe les tensions, Spike Lee parlait déjà de la discrimination dont sont victimes les Afro-Américains. Ce sera une constance. Plus souvent radical à la manière de Malcom X que pacifiste comme le Docteur King, le réalisateur va explorer ce thème par tous les biais que lui propose sa caméra. En 30 ans, Spike Lee a connu de belles réussites, quelques succès, des trous d'inspiration et pas mal de bides ; il a parfois déçu, mais souvent convaincu, et toujours animé la polémique, même de façon quelquefois discutable. Il n'empêche qu'il n'a jamais rien lâché, construit une œuvre passionnante, fait son job de citoyen-militant, et que c'est un plaisir de le revoir sur le devant de la scène cinématographique avec son très réussi BlacKkKlansman.

On connait l'incroyable histoire, pourtant vraie et tirée de la biographie de son auteur. Ron Stallworth - interprété par le convaincant John D. Washington, fils de Denzel - est un flic noir. Engagé en 1978 dans le commissariat bien blanc de Colorado Spring, il va infiltrer le Ku Klux Klan  avec la complicité d'un collègue juif (Adam Driver) pour les rencontres en direct !  Si Spike refuse que l'on parle de comédie, BlacKkKlansman est hautement réjouissant, prenant notamment un malin plaisir à ridiculiser les suprématistes dont l'insondable bêtise suffit à prouver qu'ils sont plus les héritiers idiots d'une nauséabonde idéologie que les preux chevaliers de leur "race blanche". Mais si l'on s'amuse beaucoup à entendre Ron se lancer dans des diatribes effroyables pour convaincre le chef du KKK qu'il est vraiment un abruti raciste, on frémit au moment où Harry Belafonte raconte avec émotion le lynchage d'un jeune noir en 1916. Cette séquence est habilement montée en parallèle avec une projection privée où l'on acclame les exactions du Klan qui était à la même époque mis en scène par Griffith dans Naissance d'une Nation. Ce monument controversé du muet n'est pas la seule citation cinématographique de BlacKkKlansman, qui s'ouvre sur un extrait d'Autant en emporte le vent, un classique partiellement "responsable de la persistance de la mentalité raciste en Amérique", selon Spike (cité par Première). Pour appuyer son propos - il n'a jamais peur de le faire - le réalisateur termine son film en empruntant d'autres images à l'actualité du drame de Charlottesville.

Dans le même esprit référentiel, Spike Lee ouvre son Miracle à Santa Anna par un extrait du Jour le plus long, où le colonel John Wayne emmène ses GI's vers la victoire. Il faudra un peu de temps pour comprendre cette citation, incipit d'une fable qui débute comme un thriller, flirte avec le film noir et le mystère, avant de devenir un film de guerre, mis en scène comme un western teinté de blaxploitation, pour se terminer en film de procès. Réalisé en 2008 mais inédit en France, Miracle à Santa Anna est un film de genre qui se joue des genres tout en en adoptant les codes avec une certaine virtuosité. Car l'histoire que le réalisateur veut raconter rend hommage aux Buffalo Soldiers, surnom des soldats