Chères spectatrices, chers spectateurs,

Harvey Milk, et les films de ou avec Sean Penn qui accompagnent le bijou gay-friendly de Gus Van Sant explorent différents aspects de la société américaine. Mais l’événement de cette semaine, c’est la projection-débat que l’INSERM nous fait l’honneur d’organiser dans notre salle. Le prestigieux Institut National de la Recherche Médicale veut faire le point sur les effets de l’alimentation sur notre santé. Pour illustrer son propos, il a choisi le film truculent de Morgan Spurlock Super Size Me. A l’image des “double cheese burgers“ qu’il dénonce, Super Size Me est un double film : d’abord c’est un très bon documentaire sur les habitudes alimentaires des Américains, dont les deux tiers souffrent de problèmes de poids. Ensuite, c’est une expérience personnelle puisque, pour courir les États-Unis à la rencontre des spécialistes de l’obésité, le réalisateur s’est imposé un régime strict : menu 100% Mac Donald pendant un mois. Rassurez-vous, sous la surveillance inquiète de trois médecins. Le résultat, entre thèse universitaire, film à charge façon Michael Moore, ciné-réalité, potacheries et flatulences est joyeusement iconoclaste et légèrement inquiétant… jusqu’à l’écœurement. Mardi 7 à 20h, Super Size Me introduira le très sérieux débat sur l’influence de notre alimentation sur notre santé. L’INSERM a invité l’un de ses chercheurs spécialistes de la nutrition, Serge Hercberg, ainsi Sylvie Benkemoun, Secrétaire Générale de l’Association Allegro Fortissimo et Anne-Sophie Joly, Présidente du Collectif National des Associations d’Obèses. L’entrée est libre, mais la réservation vivement conseillée.

De Prête à Tout à Elephant, Gus Van Sant a toujours été un observateur attentif de la société américaine. Avec Harvey Milk, il nous emmène au cœur d’une communauté qu’il connaît bien : celle des gays américains. Mais son voyage se situe aussi dans l’histoire puisqu’il a choisi de raconter la vie et la mort du premier homosexuel élu à des fonctions officielles, dans le bouillonnant San Francisco des années 70. Le formidable Sean Penn donne corps à ce beau personnage d’Harvey Milk qui contribua à faire avancer la cause des gays dans un monde qui lui était largement hostile. Biopic brillant, le film de Gus Van Sant est aussi un hymne à la tolérance et une plongée dans une certaine Amérique. Mais l’Amérique est protéiforme, et Sean Penn, acteur, réalisateur et homme engagé, l’a arpenté dans bon nombre des films qui ont façonné sa carrière. L’Amérique des potes et des drames dans Mystic River de Clint Eastwood ; l’Amérique en guerre dans La Ligne Rouge de Terrence Malick, celle des justiciers dérangés dans The Assassination of Richard Nixon, de Niels Muller, ou celle du couloir de la mort dans La Dernière Marche de Tim Robbins. Derrière la caméra, il a exploré les grands espaces et les dysfonctionnements américains. Par l’opposition fraternelle dans The Indian Runner, la tragédie dans The Pledge, ou la fuite de la société et la quête de l’absolue dans Into the Wild, ses personnages se perdent et se cherchent en espérant donner un sens à leur vie.

Le reste de notre programmation délaisse un peu les Etats-Unis, encore qu’il ne soit pas exclu que leurs services secrets aient joué un rôle dans l’élimination du Che, toujours incarné par Benicio Del Toro dans le diptyque de Steven Soderbergh : Che-l’Argentin et Che-Guerilla. Attention : dernière semaine pour le Che dans nos salles.
L’Amérique est aussi un peu présente, via Gene Kelly, dans les enchanteresses Demoiselles de Rochefort, que nous propose l’Enfance de l’Art et dans le Voyage au Centre de la Terre, par le brio de cette réalisation hollywoodienne d’Henry Levin. En revanche, les Time Bandits (Bandit, Bandits), extraordinaire film des Monty Python, sont résolument britanniques.

Pour conclure, piqûre de rappel concernant la semaine prochaine : afin de fêter dignement la prestigieuse réédition de La Machine à Explorer le Temps (The Time Machine), de Georges Pal d’après H.G. Wells, nous organiserons un ciné-goûter le dimanche 12 avril à 16h.

Bonne semaine.

Isabelle Gibbal-Hardy et l'équipe du Grand Action