Temps agité, surtout en fin de journée.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

La semaine est placée sous le signe de la météo avec la sortie d'Un Jour de Pluie à New York, le dernier Woody Allen, et aussi avec trois événements qui vont agiter nos soirées. Mais parlons d'abord de Woody, malmené par la rumeur et une certaine presse qui ont obéré l'exploitation de son film aux Etats-Unis. Heureusement, nous pouvons le voir au Grand Action, comme d'autres films, dont certains en 35mm !

Une pétulante jeune étudiante (Elle Fanning, charmante de candeur) est toute excitée de partir à New York avec son amoureux (le ténébreux Timothée Chalamet), où elle doit aussi rencontrer un célèbre réalisateur, disposé à lui accorder une interview pour le magazine de leur fac. Mais la météo capricieuse et le hasard vont bouleverser le joli programme des tourtereaux... A bientôt 84 ans, Woody Allen a conservé une fraicheur et une liberté étonnante. Sa narration rebondit avec aisance et se permet toutes les facéties pour emmener ses personnages dans une réjouissante et improbable dérive. Avec ses vestes en tweed et sa passion pour le jazz, le jeune Chalamet, brinqueballé par sa fiancée et les rencontres fortuites - y compris avec sa mère - est un pendant possible de Woody Allen. Mais on peut aussi le reconnaitre dans le réalisateur en crise ou le scénariste trompé. Allen continue donc, avec tout son talent pour la comédie bondissante, de nous parler de lui et de filmer sa ville. Un Jour de Pluie à New York est un film pétillant comme une coupe de champagne avec un goût de madeleine proustienne, auquel Serena Gomez apporte une touche de moderne piment.

Jeudi à 19h, il sera Autour de Minuit par la magie du Ciné-club AFSI, qui réunit les professionnels du son à l'image. Soirée de gala, puisque Bertrand Tavernier nous honore de sa présence pour débattre avec le public et rendre hommage à William Flageollet, mixeur de la musique du film, récemment disparu. Le son est au cœur de l'histoire de ce grand jazzman usé qui vient à Paris chercher un peu de réconfort. La séance s'ouvrira avec Avant Minuit, making-off de Jean Achache, et se poursuivra avec la projection du film de Tavernier en 35mm ! A propos de ce format adulé des cinéphiles, signalons que, dès mercredi, Once Upon a Time… in Hollywood sera aussi exploité en pellicule 35. Et donc enfin visible pour les puristes.

Vendredi à 20h, nous irons aux Rendez-vous du Cinéma Grec, pour Nostos, un voyage historique et familial guidé par La Femme à l'Ombrelle, une toile peinte par Thalia Flora Karavia. Sandrine Dumas, réalisatrice franco-grecque de ce touchant documentaire échangera avec le public après la projection.

Même si Nostos rime avec Calmos, on sera dans un tout autre genre de cinéma dimanche à 18h avec un Ciné-club Cash, proposé par le Fanzine Cash, dont les rédacteurs seront présents pour animer la séance. On parlera de ce réjouissant film misogyne de Bertrand Blier qui, autour de son père - inénarrable en abbé - mais aussi de Brigitte Fossey ou Claude Piéplu, réunit les deux plus beaux moustachus des 30 Glorieuses. Marielle et Rochefort sont aussi attachants qu'antipathiques et pathétiques. Calmos : un régal pour les amateurs de la faconde et de la verve de l'autre BB du cinéma.

Outre Once Upon a Time… in Hollywood déjà cité (et donc désormais en 35mm), River of Grass, de Kelly Reichardt, La Croisière du Navigator de Keaton, et Carrie, de De Palma, rejoints par une séance du Guépard, de Visconti, poursuivent leur carrière. Et l'on peut donc finir avec l'Enfance de l'Art qui reconduit son programme de la semaine dernière : Charlot s'amuse (mercredi 14h30) et Sa Majesté des Mouches, de Peter Brooks, dimanche à 14h.

Bonne semaine.

Isabelle Gibbal-Hardy et l'équipe du Grand Action.