affiche du film The woodsman

The Woodsman

Nicole Kassell

Avec Kevin Bacon, Kyra Sedgwick, Mos Def

Drame américain | Durée : 1h 27min
Année de production : 2003


Synopsis

Après 12 ans passé derrière les barreaux, un homme aspire à une légitime réinsertion. Il prend un appartement en face d’une école et sympathise avec une jeune femme qui refuse de le juger. Ce n’est pas la cas d’un détective suspicieux... Car il faut dire que c’est pour pédophilie que l’homme a été condamné. Pourra il vaincre ses démons ?

Inspiré d’une pièce de Steven Fechter, ce premier film d’une jeune réalisatrice formée à l’université de cinéma de New-York aborde un thème éminemment délicat. Mais la finesse maîtrisée de son scénario et l’interprétation formidable de Kevin Bacon lui permettent d‘offrir un regard neuf et singulier sur ce sujet. A l’opposé de l’habituel traitement réservé aux crimes sexuels par les grosses productions, The Woodsman est un film qui nous interroge en présentant un “forcément coupable” attachant et humain, plus malade que monstreux. Accessible à tous les publics, le film a obtenu le prix CICAE Art et Essai au Festival de Cannes 2004 et le Prix du Jury à celui de Deauville. Il faut dire que, malgré le soutien de La Ligue des Droits de l’Homme, et il fallut près de 2 ans pour qu’un distributeur parvienne à le sortir en France ! De récents faits divers ont prouvé qu’on avait souvent tord de juger trop vite...

Bernard-Pierre Molin


THE WOODSMAN, c’est le bûcheron qui éventra le grand méchant loup pour sauver le petit chaperon rouge. Mais c’est surtout Kevin Bacon, un homme brisé qui tente de se réinsérer dans la société après avoir été incarcéré pendant 12 ans pour… Pédophilie. Et oui, vous avez bien lu ! THE WOODSMAN est le premier film à traiter frontalement de ses hommes attirés par les enfants. Il serait vraiment dommage de passer son chemin en pensant qu’à cause de son sujet, le film est glauque, malsain, complaisant. Pour être franc, on n’avait pas vu un film aussi pudique depuis bien longtemps, un film aussi timide et aussi tendre, fait de non dits.
Nicole Kassel (dont c’est le premier film), loin de réaliser un film malade, arrive à avoir un point de vue d’une très grande justesse (pureté ?). Précisons certaines choses car il risque d’y avoir un immense malentendu sur le film (et surtout de la part de ceux qui le démoliront avant même l’avoir vu) ; The woodsman ne parle pas d’un homme qui aurait torturé, violé des enfants (les raisons de son emprisonnement restent floues et à aucun moment, il n’est précisé que le personnage de Kevin Bacon a eu des relations sexuelles avec des jeunes filles, seulement qu’il aime les emmener dans les bois et rester allongé avec elles) mais d’un homme qui se sent attiré par les enfants et qui essaie de combattre ses pulsions. Le film ne tente à aucun moment d’excuser la pédophilie. Ici, le personnage principal cherche juste à retrouver le bien être qu’il ressentait lorsqu’il faisait une sieste avec sa sœur et qu’il lui sentait les cheveux. Kevin Bacon n’hésite pas à remettre en jeu son immense carrière en interprétant le personnage de Walter, aidé par sa femme Kyra Sedgwick (par ailleurs productrice du film) qui lui donne la réplique. Son personnage, les yeux toujours rivé au sol avec son ballon rouge hantera longtemps le spectateur. Evidemment, le long-métrage de Nicole Kassell s’avère être une œuvre dérangeante où le spectateur se doit de ressentir un véritable malaise. THE WOODSMAN est un film extrêmement courageux, un film funambule qui tire sans arrêt sur la corde raide sans jamais la briser. Le spectateur se doit aussi d’avoir le courage d’aller voir ce film vraiment important.

Matthieu Perrin