Créations

Chères spectatrices, chers spectateurs,

My Wonder Women, nouveau film d'Angela Robinson, raconte l'invention d'une héroïne de comics ; Ready Player One nous plonge littéralement dans la création virtuelle d'un visionnaire et Phantom Thread évoque les folies d'un créateur. Le cinéma est une création et ne cesse de la célébrer. C'est d'ailleurs l'objet de la séance du Collectif Jeune Cinéma dont les courts métrages expérimentaux, jeudi soir, explorent la nouvelle création filmique. Une inventivité que l'on retrouve dans le travail de Clément Cogitore qui, avec Ni le ciel ni la terre, nous entraîne dans un monde entre réalité et phantasmes. Son film sera projeté mardi 1er mai lors d'un Ciné-Club Louis Lumière, présenté par le chef opérateur Sylvain Verdet. Le jeune et talentueux Swann Arlaud, récemment césarisé pour son rôle de Petit Paysan, sera parmi nous  samedi à 19h pour une rétrospective de ses courts métrages. Dédié à une autre inspirante comédienne, le Cycle Faye Dunaway complète notre programme et annonce la prochaine ressortie sur copie neuve de l'Affaire Thomas Crown.

Le premier événement de notre semaine se tiendra jeudi à 20h. Gabrielle Reiner viendra nous présenter une nouvelle cuvée du Collectif Jeune Cinéma, en présence de Caroline Pellet, réalisatrice. Les six courts métrages expérimentaux que nous y verrons proposent une approche résolument différente de l'objet cinématographique, qui continue d'évoluer, au sens darwinien, pour s'adapter au monde.

Samedi à 19h, vous avez rendez-vous avec Swann Arlaud. Accompagné par les cinéastes qui eurent l'intelligence de lui offrir ses premiers rôles dans leur court-métrage, ce jeune comédien commentera les débuts d'une carrière qui s'annonce longue et riche. C'est ce que nous lui souhaitons, et à nous aussi d'ailleurs tant son jeu est intéressant.

Mardi soir, nous finirons cette huitaine en beauté avec Ni le ciel ni la terre, très beau film de Clément Cogitor qui, partant d'une situation  bien réelle - des militaires en Afghanistan - nous entraîne vers un monde fantastique. Ce film fascinant sera commenté son chef opérateur, Sylvain Verdet. Comme chaque Ciné-Club Louis Lumière, celui ci se prolongera par un cocktail au Grand Bar.

On n'imagine que les super héros des comicbooks sont inventés par des auteurs fantasques ; pas qu'ils sont inspirés par la réalité. Pourtant, l'une des rares femmes de l'escouade de ces miraculeux sauveurs du monde, doit beaucoup à la vraie vie de son créateur. Psychologue et polyamoureux, Charles Moulton imagina le personnage de Wonder Woman en regardant et en adorant les deux Wonder Women qui partageaient son quotidien. De l'histoire peu connue d'un ménage à trois d'intellos, forcément marginaux dans l'Amérique des années 30, Angela Robinson, cinéaste iconoclaste et féministe engagée, a tiré un film charmant, sexy, aussi gentiment subversif que plastiquement réussi. En faisant briller ses trois comédiens, elle incite les spectateurs à casser les codes.

A propos de sexy au cinéma, peu de scènes possèdent l'intensité "muy caliente" de la partie d'échec de l'Affaire Thomas Crown. En attendant de revoir ce bijou sur copie neuve le 16 mai sur nos écrans, redécouvrons donc son héroïne en quelques films. Au programme du Cycle Faye Dunaway, la poésie d'Arizona Dream, la tension de Chinatown, le suspens de la Tour infernale, les manipulations des Trois jours du Condor et la satire de Network. Devant la caméra de (dans l'ordre) Kusturica, Polanski, Guillermin, Pollack ou Lumet, Faye est toujours sublime. Et juste.

Très juste également, le portrait de homard (dans le sens de Dolto) de Lady Bird qui, comme d'autres de nos films des précédentes semaines cités en début de lettre, conserve quelques séances. Et tout cela nous conduit naturellement vers l'Enfance de l'Art et ses trois séances. Mercredi à 10h30, les petits adoreront Mr Chat et Shammies ; jeudi à la même heure, festival Arthur de Pins, avec La Révolution des Crabes et Zombillénium ; Dimanche à 14h, la sombre et brillante Nuit du Chasseur de Charles Laughton.

Bonne semaine.

Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du GrandAction