affiche du film Bons baisers de Bruges

Bons baisers de Bruges

Martin McDonagh

Avec Colin Farrell, Brendan Gleeson, Ralph Fiennes

Film britannique
Genre : Drame
Année de production : 2008
Titre original : In Bruges

Synopsis

Deux tueurs à gages de profession, l’un expérimenté, l’autre débutant, doivent quitter leur fief londonien suite à une affaire mal négociée. Les voilà donc à Bruges, touristes en planque dans la carte postale flamande, attendant le coup de fil de leur commanditaire. Si le tueur vieillissant goûte aux charmes de la brique médiévale belge, le novice ronge son frein et sa culpabilité. Comme un écho aux tableaux de Bosch, il ne tardera pas à trouver d’autres plaisirs moins avouables, qui lui permettront de cultiver son étonnant talent pour s’attirer des ennuis. Ennuis qui n’iront que grandissants lorsqu’enfin le boss se manifestera et le plongera, non dans le Jardin des Délices, mais bien dans le Jugement Dernier.

Dramaturge britannique réputé, Martin McDonagh a écrit pour le théâtre avant de s’essayer au cinéma. Son premier court-métrage, Six Shooter, obtint l’Oscar en 2006, ce qui lui permet aujourd’hui de nous présenter son premier long. Il a choisi un sujet rebattu et – pardonnez l’expression – hautement casse gueule. Le cinéma adore les tueurs à gages, mais les deux (même les trois) inventés par McDonagh tranchent. Moins cyniques de ceux de Tarantino (auquel on compare son film), moins barjes que ceux de Guy Ritchie (que l’on peut citer comme autre inspiration), les killers de McDonagh ont une conscience. Le film débute sur un faux rythme, assez signifiant, pour s’emballer dans la seconde partie et nous montrer une galerie de personnages incongrus et à contre-pied. Contrairement aux deux auteurs cités plus haut, le cinéaste ne se laisse pas griser par la surenchère visuelle et, disons le, une certaine facilité. Ses personnages, pour délirants et parfois drôles qu’ils soient, gardent un cap. Et, en fonçant au bout de cette comédie noire, ils se découvrent même une morale, plutôt déroutante pour qui n’est pas tueurs à gages.

Bernard-Pierre molin