Marlowe, Bonnie, Clyde et the Dude : des vies violentes.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Voici un titre qui résume presque totalement l'affiche de la semaine. Elle sera marquée par l'ubuesque enquête du Privé Marlowe vue par Altman, et les tribulations farfelues du Dude, alias The Big Lebowski des Coen, nos deux grandes ressorties du moment. Deux événements, l'Avant-première d'Une Vie violente, et un Ciné-Club Positif autour de Bonnie and Clyde s'immisceront dans notre programme, où l'on verra aussi certains de nos précédents succès comme The Warriors, The Lost City of Z et Certain Women, ainsi qu'un Cycle Robert Altman.

Pour la deuxième édition d'Avant-premières !, les Cinémas Indépendants Parisiens (CIP) vous proposent plus de films car l'association compte maintenant 32 salles. Les CIP invitent, pour la modique somme de 5€ la séance, les spectateurs au voyage et à la découverte des salles parisiennes indépendantes. C'est dans ce cadre que, jeudi à 20h, nous recevrons Thierry de Peretti et son équipe pour Une Vie violente. Thierry est Ajaccien, acteur et metteur en scène au théâtre. Après Les Apaches, son précédent long métrage présenté à la Quinzaine des Réalisateurs, il continue d'ausculter la Corse. Il évoque ici les années de plomb qui, au tournant du millénaire, plongèrent son île dans la spirale mortelle d'une vendetta. Une Vie violente, titre inspiré par Pasolini, c'est celle d'un intellectuel qui, après avoir tenté d'éviter le piège mafieux des dérives nationalistes, revient se jeter dans la nasse. Favorablement repéré lors de la Semaine de la Critique du dernier Festival de Cannes, Une Vie violente sortira le 7 août en salle. Prenez donc un mois d'avance avec notre avant-première de jeudi, complétée par la projection de L'Ingérable, court-métrage primé au dernier FF48H (Faire un Film en 48 Heures).

Mardi à 20h, nous fermerons la saison du Ciné-Club Positif avec Bonnie and Clyde - Faye Dunaway et Warren Beaty - dans le film d'Arthur Penn. Ces gangsters amoureux eurent aussi une vie violente, qui se conclut d'ailleurs tragiquement. Penn, avec son sens de la dramaturgie et la beauté de sa mise en scène, sut donner une dimension mythique à ce couple qui fuit la grande dépression des années 30 en pillant des banques. Un film clé des années 60, tout plein de la folle liberté de l'époque, mâtinée par la violence de celle qu'elle raconte. Pierre Eisenreich, rédacteur à la revue, nous commentera la projection, qui sera précédée à 19h30 d'un cocktail offert par L'Intendance Suivra, le Champagne Veuve Cheurlin et le jus de grenade Biguine Beauty.

Sauf en s'inspirant de la réalité - comme les deux films dont on vient de parler - ou de la littérature, peu de cinéastes inventent des mythes. Lucas, avec Star Wars ou, dans un autre genre, Truffaut et son Antoine Doinel y parvinrent. Avec Le Dude, surnom de The Big Lebowski, les frères Coen relevèrent le défi en créant une légende des glandeurs, une idole du cool et un dieu des joueurs de bowling. Quel plaisir de revoir l'inoubliable Jeff Bridges jouer avec les inénarrables John Goodman et Steve Buscemi, ou lutiner maladroitement Julianne Moore, extraordinaire en vraie cinglée. Un film culte, foisonnant et délirant, (très) lointainement inspiré du Grand Sommeil, de Raymond Chandler.

Ho ! Quel bel enchaînement pour évoquer Le Privé, adaptation également très libre d'un autre roman du maître du polar, The Long goodbye. Mais, notamment en transposant l'intrigue dans les années 70, Robert Altman donne une vision assez iconoclaste du détective Marlowe, dont il fait un "born loser". Eliott Gould, magnifique de nonchalance, de désinvolture et de décalage, incarne avec jubilation ce faux-flic, d'abord soucieux de l'alimentation de son chat. Nous sommes très heureux de vous proposer de redécouvrir ce Privé dans une version restaurée qui redonne de l'éclat à la lumière de Vilmos Zsigmond. Et puis, revoir son cinéma étant toujours un plaisir, un petit Cycle Robert Altman complète le programme.

Non sans vous rappeler que certains films cités en début de lettre conservent quelques séances, terminons avec l'Enfance de l'art. Mercredi, elle convie les petits à entrer dans La Ronde des Couleurs, une série de courts films d'animation et, dimanche, fait chanter les ados avec Sing Street, où John Carney nous ramène dans un lycée de Dublin des années 80.

Bonne semaine.

Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action.