Une Vie violente

Thierry de Peretti

Avec
Jean Michelangeli, Henry-Noël Tabary, Cédric Appietto

Drame fr
Durée : 01:47mn | Année de production : 2017
Couleur

Synopsis

Malgré la menace de mort qui pèse sur sa tête, Stéphane décide de retourner en Corse pour assister à l'enterrement de Christophe, son ami d'enfance et compagnon de lutte, assassiné la veille. C’est l’occasion pour lui de se rappeler les évènements qui l’ont vu passer, petit bourgeois cultivé de Bastia, de la délinquance au radicalisme politique et du radicalisme politique à la clandestinité.

Je m’intéresse à cette période qui a vu mourir en Corse des dizaines de jeunes gens de manière brutale pour des raisons souvent obscures, même si elles semblaient emprunter les voies nébuleuses du radicalisme politique et/ou de la criminalité. Filmer cette époque récente, c’est aborder les questions de l’origine de la violence et poser celles qui travaillent l’île aujourd’hui. Même si le film ne s’inscrit pas en premier lieu dans une perspective historique, il est question d’histoire et de politique, il est question de la France.
Ce film est un hommage à tous ces jeunes gens perdus ou assassinés. Mais aussi la promesse d’un dialogue entre une génération oubliée, perdue, massacrée et une autre, vivante et exaltée, qui l’incarne à l’écran.

Thierry de Peretti

UVV n’est pas vraiment la description d’un milieu (ce n’est pas le cérémonial qui l’intéresse, comme Coppola, pas non plus la querelle des relations et des filiations dans une société fermée : la Corse y est plutôt un monde entier). Il cherche le rapport entre une malédiction bien plus large, quasi mythique, et des existences qui la défient, la reproduisent, et pour finir la subissent, obligés de s’y plier. C’est le montage du film, intense et instable, qui nous fait éprouver toute cette continuité maudite, et c’est le jeu des acteurs, l’attention aux mots et aux gestes, qui imprime des nuances au destin. Follement bien joué : comme si c’était simplement vécu jusqu’à l’os, saturé d’un sens qui n’a pas besoin d’être pressé pour affleurer à chaque seconde. Tout mettre dans un film, tout donner. Tout mettre dans une vie, tout brûler : la révolution est le masque de la mort mais elle reste, pour ceux qui la cherchent jusque là où elle n’est pas, une montée à l’assaut du ciel. Le soleil dans une rue de Bastia, un corps qui marche et qui pense, à la fin : «Ecrivez mon nom.»

Luc Chessel | Libération

Séances