Les Liaisons dangereuses.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

Ce titre littéraire fait évidement référence à Valmont,, adaptation du chef d'œuvre épistolaire de Pierre Choderlos de Laclos, publié en 1782 et transformé en film 207 ans plus tard par Milos Forman sur un scénario de Jean-Claude Carrière. Valmont,, accompagné de la vénéneuse Marquise de Merteuil et de l'infortunée Cécile de Volanges, ressort donc sur une somptueuse copie neuve. Mais, des liaisons dangereuses, le colonel Fawcet en entretient aussi dans The Lost City of Z ; les époux Loving en ont avec l'injuste justice qui condamne leur amour ; les Certaines Femmes de Kelly Reichardt nourrissent également des rapports pas simples, et que dire du héros de Manchester by the Sea, qui doit composer avec ses fantômes ? Nos films à l'affiche font, certains soirs, placent à des événements, dont la reprise du Palmarès du Festival du film de Femmes de Créteil, que nous sommes toujours ravis d'accueillir. Ce sera samedi, mais avant, des étudiants nous donnent d'autres rendez-vous.

Jeudi à 20h, le Ciné-Club Alumni Sciences-Po, organisé par le prestigieux institut, nous convie à la projection de Ni le Ciel, ni la Terre, premier film de Clément Cogitore, que nous verrons en sa présence. Film étrange, à la fois réaliste - des soldats français en Afghanistan disparaissent - et poétique, mais on ne peut pas vous dire pourquoi... Clément nous racontera tout lors du débat à suivre, non sans nous avoir montré, en guise d'amuse œil, son court-métrage, Un Archipel.

Vendredi à la même heure, ce sera au tour de l'association des étudiants Droit-Histoire de Paris 1, de faire écran. Pour leur début dans la ciné-clubie, ils ont logiquement choisi le premier Sydney Lumet, Douze Hommes en colère, modèle du film de procès qui fit date dans l'histoire du cinéma. La séance sera présentée par Isabelle Gibbal-Hardy et Bernard-Pierre Molin, de l'équipe du Grand Action.

Samedi, notre amie Jacky Buet, infatigable créatrice du Festival films de femmes de Créteil nous fait l'honneur de nous montrer les Prix du Jury de ce rendez-vous annuel dont la présence dans nos murs, et l'existence même, nous touchent. A 19h, nous verrons l'Ecole de la vie, émouvant documentaire de Maite Alberdi sur l'apprentissage de personnes "différentes". A 21h, avec Lipstick under my Burkah, Alankrita Shrivastava nous plonge dans la vie de quatre jeunes femmes indiennes et musulmanes qui tentent d'échapper à leur destiné pour vivre leur désir.

On ne va pas vous faire l'affront de vous resituer les Liaisons Dangereuses, où les diaboliques Valmont, et Merteuil, régnant sur les salons et les alcôves, prennent au piège du jeu de l'amour d'innocentes jeunes filles. Maintes fois adapté, ce roman épistolaire le fut avec brio par Milos Forman en 1989. C'est un ravissement de revoir ce film magnifique, présenté lors du Festival Cannes dans la section Cannes Classique, dans sa sublime copie restaurée par la cinémathèque de Bologne, orfèvre en la matière. Ciselé aussi, le scénario de Jean-Claude Carrière que nous avons eu la joie de recevoir la semaine dernière pour l'avant-première. 2h20 d'immense cinéma.

2h20, c'est aussi la durée de The Lost City of Z, l'histoire vraie d'un Colonel Britannique du début XXe qui cherche à réhabiliter son honneur en découvrant une civilisation oubliée dans la lointaine Amazonie, pour la plus grande gloire de l'Empire. Et la sienne. Il fallait bien ce temps pour que James Gray installe les plus de trente ans nécessaires à cette saga, et dresse le beau portrait d'un homme juste mais orgueilleux, qui se perdra dans sa quête. Vanité des vanités, tout est vanité et poursuite du vent. Les images, de Darius Khondji qui tourna en 35mm, sont d'une somptueuse grandeur ; quant à la mise en scène, elle est signée James Gray, et c'est un label de qualité.

Rappelons rapidement que les films cités dans l'introduction ainsi qu'un petit Cycle Kelly Reichardt, gardent l'affiche, et terminons avec l'Enfance de l'Art. Elle nous régale mercredi et dimanche avec Charlie et la chocolaterie, adaptation millésime 1971 de Mel Stuart, avec le formidable Gene Wilder dans le rôle titre ; celui de Charlie, pas de la chocolaterie.

Bonne semaine.

Isabelle Gibbal-Hardy et l’équipe du Grand Action.