Des Kubrick et des singes.

Chères spectatrices, chers spectateurs,

On se demande bien ce que Stanley Kubrick aurait fait s'il avait adapté La Planète des Singes ? Un film abscons ? Une recherche métaphysique ? La promesse d'un cauchemardesque paradis ? Un peu des trois sans doute, car il avait l'art de transcender ses sujets. Mais arrêtons-là avec la ciné-fiction pour parler du programme de la semaine, dominé donc par La Planète des Singes, de Franklin J. Schaffner, et le Cycle Stanley Kubrick, qui annonce la réédition de Spartacus mercredi prochain. Beaucoup des films des précédentes semaines, dont A Bigger splash, Midnight Special, ou Ave César ! restent à l'affiche. Voyons ça en détail.

Stanley Kubrick est un géant. Et lorsque l'on sait que c'est Orson Welles qui le qualifia ainsi, on mesure l'énormité de sa carrière exceptionnelle : 13 films seulement, mais des films parfaits ou presque, en près de 50 ans. Parmi ces fameux 13 chefs-d’œuvre, on trouve tous les genres : des polars, des films de guerre subversifs, de l'intimisme, de la SF, de l'horreur, du costume... Une palette incroyablement large, à laquelle ont collaboré les plus grands noms du cinéma des années Kubrick. Parmi eux, le scénariste Dalton Trumbo, à qui un film rend hommage et qui a signé le script de Spartacus, que nous ressortons la semaine prochaine. Pour vous préparer à retrouver Kirk Douglas en jupette et esclave révolté, voici un Cycle Stanley Kubrick pour redécouvrir 8 opus du maître. Nous partirons mercredi pour un tour en orbite avec 2001 : L'Odyssée de l'Espace, puis prendrons jeudi Les Sentiers de la Gloire (avec encore Kirk, également révolté, mais en uniforme). Vendredi, rendez-vous avec le faste de Barry Lyndon, samedi après-midi avec la grâce de Lolita, et en soirée, en famille dans l'hôtel aussi glaçant que glacé de Shining. Dimanche, nous tenterons de sauver le couple Cruise-Kidman maltraité dans la dernière réalisation de Kubrick, Eyes Wide Shut (magnifique titre), puis finirons la semaine dans l'horreur : publique et guerrière lundi avec Full Metal Jacket, privée et délinquante mardi avec Orange Mécanique

A l'heure où l'on s'interroge sur l'avenir de notre bonne vieille terre, La Planète des Singes apparaît comme une hypothèse. Il est en effet acquis que le réchauffement climatique ne menace pas notre terre, mais l'espèce qui la domine de façon aussi éhontée qu'irresponsable. Alors, que dans un avenir plus ou moins lointain, l'espèce en question soit relayée au second plan n'est pas si bête. Pierre Boulle ne s'était peut-être pas posé la question ainsi, mais l'adaptation qu'a tiré Franklin J. Schaffner de sa Planète des Singes peut, en 2016 et sur copie neuve, s'envisager sous ce prisme. En tout cas, c'est une occasion de découvrir la première version cinématographique de cet incontournable de la SF estampillé années 60. Avec, en prime, les vrais maquillages de John Chambers, qui n'imaginait pas alors que le motion capture allait remplacer son ancestral savoir-faire.

Outre ce programme, n'oubliez pas nos films des semaines précédentes qui tiennent encore le haut du pavé. A Bigger splash, bien sûr, quatuor pervers autour d'une piscine et de Tilda Swilton signé Luca Guadagnino, Midnight Special, qui motive un Cycle Jeff Nichols, le plus prometteur réalisateur de sa génération, Ave César !, potacherie hollywoodienne des Coen, et Le Pont des Espions, où Spielberg visite le Berlin de Le Carré.

Terminons avec L'Enfance de l'Art, et ses 3 séances de la semaine.  ça commence mercredi à 10h30, avec un programme de courts-métrages pour les tout-petits : 7, 8, 9 Boniface. Idem jeudi (vacances obligent) avec La Merveilleuse Aventure de Pinocchio, version Disney de Norman Ferguson, et troisième projection dimanche avec le jubilatoire Certains l'Aiment Chaud, de Billy Wilder.

Bonne semaine.

Isabelle Gibbal-Hardy et l'équipe du Grand Action.