Chères spectatrices, chers spectateurs,
Cette nouvelle année, que nous vous souhaitons excellente, débute avec Whiplash, le film rythmé du jeune Damien Chazelle, et le cycle du toujours vert Werner Herzog, emmené par son duo d’Ascensions, dont le succès ne se dément pas. Les bonnes habitudes n’ayant par ailleurs aucune raison de ne pas durer, nous reprenons nos rendez-vous avec le Ciné-Club Positif, lors duquel Michel Ciment nous parlera de Délivrance, film de l’un de ses chouchous, John Boorman. Nous auront aussi une séance spéciale de 2001, L’Odyssée de l’Espace, de Kubrick, autre chouchou de Michel. La nouveauté de la semaine annonce celle de la semaine prochaine, avec un cycle Larry Clark qui prépare le terrain à son dernier film, The Smell of us, dans notre salle mercredi 14. En attendant d’autres sorties en janvier, dont celle, le 28, du prochain film de Paul Vecchiali, Nuits Blanches sur la Jetée. Nous en reparlerons.

Le Ciné-Club Positif commence 2015 très fort, puisqu’en compagnie du traumatisant Délivrance, qui en est tout sauf une. Michel Ciment lui-même fera le déplacement mardi à 20h pour nous guider dans l’escapade de quatre copains sur le territoire bientôt immergé d’un futur barrage. On sait que le buddy-movie de John Boorman va vite se heurter à la sauvagerie rurale sur un air de banjo. Un film majeur, sur lequel Michel, Directeur des publications Positif, a encore des choses à nous apprendre.
Immense photographe, Larry Clark a su figer une certaine réalité américaine des années 60 et 70. Fasciné par la jeunesse, et particulièrement celle qui part à la dérive et vit à la marge, son imagerie a beaucoup influencé des réalisateurs comme Scorsese ou Van Sant. Fort de son expérience, de son désir et de son œil, Larry s’est à son tour saisit d’une caméra au milieu des années 90. Après Kids, il réalise Another Day in Paradise, où deux couples de jeunes délinquants montent des coups de plus en plus gros, sans pour autant arrêter la défonce. Avec Ken Park, qui montre sans ambages la violence et la sexualité d’adolescents, Clark est victime de la censure dans de nombreux pays. Poursuivant toujours la jeunesse, il continue d’en explorer le quotidien avec les skaters latinos de Wassup Rockers. Skate, drogue et sexe sont aussi au programme de son prochain film que nous vous proposerons mercredi prochain. Contrairement à ce que son titre laisse penser, The Smell of us se déroule à Paris, dans le quartier du Trocadéro où se retrouve cette belle jeunesse. 

Plébiscité à Sundance et à Deauville, Whiplash est parfaitement maîtrisé, magnifiquement monté et suit le tempo complexe qu’impose l’air de jazz  à qui il doit son titre. Plutôt impressionnant pour un (presque) premier film, œuvre de Damien Chazelle, tout jeune cinéaste de 30 ans promis à un brillant avenir. Ex-apprenti batteur dans une école réputée, il s’est inspiré de son expérience pour raconter l’histoire d’Andrew, jeune élève de Fletcher, un prof tyrannique aux méthodes aussi musclées que ses bras noueux. Jouant avec les nerfs et l’égo de ses disciples, cet instructeur (on pense au sergent recruteur de Full Metal Jacket) est convaincu que l’excellence passe par la douleur, la frustration, voire l’humiliation.  De fait, entre mains en sang à force d’avoir tapé, sentiment d’être un raté et insultes blessantes, Andrew va souffrir pour devenir le meilleur. Devra t-il pour cela tout sacrifier et tuer le maître ? La réponse dans Whiplash.

Au Grand Action, nous aimons beaucoup Werner Herzog, et sommes convaincus que cet explorateur du cinéma est un artiste important. Nous sommes aussi ravis de voir que vous êtes nombreux à partager notre avis et à venir voir la rétrospective que propose notre cycle Herzog. Qu’il réalise un documentaire ou signe une fiction (ce qui pour lui, revient à peu près au même), ce cinéaste des défis pousse très loin ses acteurs, ses sujets et son équipe. Et le résultat en vaut la chandelle. Pour vous en convaincre, allez donc voir ou revoir Aguirre, Nosferatu, Grizzli Man, Into the Abyss, La Grotte des Rêves Perdus ou tout simplement Les Ascensions, un vertigineux programme de deux documentaires abrupts sur La Soufrière et Gasherbrum.

Non sans vous reparler de la projection spéciale de 2001, L’Odyssée de l’Espace, pure merveille Kubrickienne, terminons avec l’Enfance de l’Art qui nous propose de suivre le lapin blanc de Lewis Caroll. Ce qu’Amilton Luske a fait pour les studios Disney en 1951, dans l’adaptation d’Alice au Pays des Merveilles. Ce film merveilleux sera précédé du court métrage Hai Puka.

Commencez bien 2015.

Isabelle Gibbal-Hardy et l'équipe du Grand Action.