Chères spectatrices, chers spectateurs,

Outre le fait de rendre hommage au sublime film d’Agnès Varda que nous propose le Cinéma-Club (le Bonheur, vendredi soir), ce titre annonce aussi l’Ouverture d’Addiction à l’œuvre, une ambitieuse histoire du cinéma programmée sur quatre ans et soutenue par le réseau des Cinémas Indépendants Parisiens (CIP). Inauguration ce vendredi avec Rio Bravo d’Howard Hawks. Pour ajouter du bonheur au bonheur, deux autres événements rythmeront la semaine. Jeudi soir, nos amis russophiles de Ciné-Ma-Russie ont convié des invités prestigieux pour parler de La Nuit du Carnaval d’Eldar Riazanov, tandis que mardi, Rémy Chevrin, chef opérateur, viendra animer le débat du Ciné-Club Louis Lumière après la projection de Docteur Chance. Le bonheur étant une addiction, nous retrouverons aussi notre programmation classique avec notamment Le Bon, la Brute et le Truand sur sa magnifique copie neuve, ainsi que les terrifiants films (dont trois nouveaux) du Cycle Folies Meurtrières, portés par la réédition de Massacre à la Tronçonneuse, de Tobe Hopper. Petite note triste mais positive pour conclure cette ouverture heureuse : la disparition de Mike Nichols nous donne l’occasion de lui rendre un hommage chaleureux et mérité.

Ciné-Ma-Russie nous gâte jeudi soir. La projection de La Nuit du Carnaval, une comédie musicale gentiment subversive d’Eldar Riazanov, qui fut un immense succès en 1956 et recèle quelques moments absolument jubilatoires, sera présentée par Macha Méril, Bertrand Tavernier, le téléramiste Pierre Murat et Karen Chaknazarov, directeur de Mosfilm. Et elle se poursuivra par un cocktail russe. Nazdrovie !

Il faut revoir le Bonheur d’Agnès Varda, film brillant, coloré, gai, heureux, presque clinquant, mais positivement amoral et superbement dérangeant. Merci donc au Cinéma-Club d’organiser la projection de vendredi 20h30, qui sera suivie d’un débat avec la critique Nicole Sizaret, et lui-même prolongé par un cocktail.

Vendredi soir, ce sera aussi l’ouverture d’Addiction à l’œuvre. Philippe Bérard a initié un grand projet qui s’étalera jusqu’en 2019 : celui de raconter une histoire du cinéma depuis ses origines, en projections, en films, en analyses, en colloques, en rencontres, en ciné-concerts et en débats. Vous en saurez plus vendredi soir en assistant à l’ouverture de ce programme, en présence du critique Thierry Jousse et bien-sûr de Philippe Bérard. Et vous en profiterez pour revoir Rio Bravo, avec ce bon vieux John Wayne, dont nous sommes tous addicts.

Le Ciné-Club Louis Lumière clôturera cette semaine d’événements mardi soir. Docteur Chance, fiction étrange et poème visuel de François-Jacques Ossang, doit beaucoup à la photographie de Rémy Chevrin. Il sera dans la salle pour nous en livrer les secrets.

Il serait peut-être temps de parler un peu de notre programme, qui rend naturellement hommage à Mike Nichols, mort le 19 novembre dernier, à l’âge de 84 ans. Nous vous proposons de revoir ses deux premiers films qui sont parmi les plus marquants de sa carrière, débutée en fanfare par Qui a Peur de Virginia Wolf (avec le couple explosif Burton-Taylor), puis Le Lauréat. Egalement à l’affiche The Birdcage, une cage aux folles avec un autre récemment disparu : Robin Williams.
Les amateurs de westerns déviants pourront encore voir Le Bon, la Brute et le Truand, incontournable Sergio Leone, et le burlesque On l’Appelle Trinita, d’Enzo Barboni. Moins rigolo, les tueries qui s’enchaînent à la suite du cultissime Massacre à la Tronçonneuse,  de Tobe Hopper. Trois nouveaux films entrent dans notre Cycle Folies Meurtrières : The Pledge, l’enquête de Jack Nicholson en inspecteur retraité mais tenace vue par Sean Penn, Zodiac, le fascinant jeu mortel de David Fincher, et Dernière Séance, de Laurent Achard, où un projectionniste part en quête d’une victime après la fermeture de son cinéma. Rassurez-vous c’est de la fiction et vous ne courrez aucun risque au Grand Action. Raison de plus pour venir dimanche en famille, voir Le Petit Lord Fauntleroy, très jolie fable de Jack Gold proposée par l’Enfance de l’Art.

Bonne semaine.

Isabelle Gibbal-Hardy et l'équipe du Grand Action.