Chères spectatrices, chers spectateurs,
Une semaine toujours dominée par les crocs de White Dog - Dressé pour tuer, le gentil chien tueur, qu’un cycle Samuel Fuller accompagne en promenade. Il prend quelques séances à celui des Palmes d’Or, qui conserve ses deux Haneke primés en 2009 et 2012, et à nos irréductibles du moment : The Grand Budapest Hotel, Le Loup de Wall Street et Computer Chess. Deux événements viendront aussi rythmer la huitaine. Mercredi soir, le Cinéma-Club ouvrira un débat scientifique avec le pétillant Chérie, je me sens rajeunir, de Howard Hawks. Le lendemain à 20h, tout autre genre de film avec les très soviétiques Adieux à Matiora,  d’Elem Klimov. Macha Méril et Pierre Murat présenteront la séance, et resteront pour le cocktail russe à suivre.

Si le héros de Monkey Business - Chérie je me sens rajeunir est bien un scientifique, il faut un certain humour au Cinéma-Club pour faire présenter cette comédie délirante, signée Howard Hawks et « singée » par Cary Grant et Ginger Rogers, par Jean-Philippe Uzan. On connait la trame de ce must de l’humour hollywoodien, où un chimiste et sa femme, ayant absorbés un élixir de jouvence, font les 400 coups. L’écriture, le rythme, l’interprétation (avec la toute jeune Marylin Monroe), la mise en scène, tout est étincelant dans ce film. Nul doute que l’intervention de Jean-Philippe Uzan,  Directeur de Recherches au CNRS et Directeur Adjoint de l'IHP qui organise notre désormais légendaire ciné-club Univers Convergents, sera toute aussi brillante, et se poursuivra comme à l’accoutumée par un cocktail. Ce sera mercredi 11 juin, à 20h.

Jeudi 12 à la même heure, notre ami Marc Ruscart inaugurera notre nouveau ciné-club, Ciné-Ma-Russie, et nous  proposera de voir ou revoir Les Adieux à Matiora, réalisé en 1981 par Elem Klimov. Matiora est un village de Sibérie qui doit être inondé sous la retenu d’un barrage hydro-électrique. Avec leur délicatesse légendaire, les autorités soviétiques font peu de cas du mode de vie des habitants qui doivent abandonner leur datcha, leurs traditions et leurs morts. Tourné dans un sublime noir et blanc et avec un regard qui n’est pas sans évoquer Tarkovski, Les Adieux à Matiora est bouleversant. La comédienne Macha Méril et Pierre Murat, journaliste à Télérama, présenteront la séance, qui se prolongera par un cocktail russe. « Za zdarovyé ». Soit, « à votre santé », en russe (ou presque).

Plus de 30 ans après avoir été tourné, White Dog, adapté de Romain Gary, est enfin vu comme un film anti-raciste. Rappelons que sa sortie avait été gâchée par des rumeurs qui en faisaient un film « white power ». C’était bien mal connaître Samuel Fuller, qui toute sa vie combattit le fascisme, y compris les armes à la main pendant la seconde Guerre Mondiale. Dans Dressé pour Tuer, il dénonce donc bien, par le truchement d’un chien programmé pour attaquer les Noirs, la bêtise criminelle de l’homme blanc. Vous êtes nombreux à redécouvrir la rugosité virtuose de ce film impressionnant, dont la distribution est dominée par une bête adorable... et sanguinaire. Le succès de ce Fuller en appelant d’autres, voici venir un cycle Samuel Fuller, pour rendre hommage à ce grand monsieur largement sous-estimé. Nous débuterons cette semaine avec trois films des années 50. Violence à Park Row raconte les débuts du quotidien The Globe, qui donnera lieu à une lutte fratricide avec les journalistes du Stars. Ça ne plaisantait pas dans la presse new-yorkaise de la fin du 19è. On ne rigolait pas trop non plus dans le Tokyo de La Maison de Bambou, où un flic (Robert Stack) infiltre un gang composé d’anciens GI’s. Le Port de la Drogue - Pick-up on South Street, l’histoire d’un pick-pocket qui choisit mal sa cible, complète le cycle. Petite anecdote sur ce film : dans la version originale, le voleur met la main sur le microfilm d’une espionne soviétique. Dans la version française, on remplaça les méchants communistes par de méchants trafiquants de drogue ayant inscrit une nouvelle recette sur le microfilm. On change quelques mots, et hop, l’histoire fonctionne aussi bien, en étant moins anticommuniste primaire...

Avant de conclure avec l’Enfance de l’Art, le derniers feux de notre cycle Palmes d’Or : on verra notamment les deux prix obtenus par Michael Haneke, Ruban Blanc et Amour, aux côtés de Sailor et Lula, Apocalypse Now,Barton Fink, Le Guépard et If…

Et donc l’Enfance de l’Art : dimanche sera musical avec le Piano magique, série de dessins animés pour faire découvrir Chopin et Beethoven aux plus jeunes.
Bonne semaine.

Isabelle Gibbal-Hardy et l'équipe du Grand Action.