Le Dernier roi d'Ecosse

Kevin Macdonald

Avec Forest Whitaker, Gillian Anderson, James McAvoy

Drame, Historique GB
Durée : 2h 5min | Année de production : 2005
Titre original : The Last King of Scotland

Synopsis

Pour échapper à la routine du cabinet paternel, un jeune médecin Ecossais part à l'aventure en Ouganda, ex-colonie britannique. Nous sommes en 1971 et un coup d'état renverse le Président communiste Oboté. Un militaire charismatique, ancien champion de boxe, soutenu par le peuple et l'occident prend le pouvoir. Il s'appelle Idi Amin Dada. Victime d'un accident de voiture bénin, il est soigné par l'éxilé Ecossais. C'est un coup de foudre entre les deux hommes : le jeune médecin devient conseiller du nouveau président qui l'entraîne dans le vertige du pouvoir. Mais le sourire charmeur d'Idi cache une âme noire et un esprit paranoïaque. En 9 ans de règne sanguinaire dont le point d'orgue fut le détournement d'Entebbe, celui qui s'honore de titre aussi fantaisiste que “le Dernier Roi d'Ecosse aura fait assassiner plus de 300 000 personnes.

Magnifique, puissante et envoûtante mais capable de basculer dans la folie sanglante, telle est l'Afrique ; tel était Idi Amin Dada et tel est Le Dernier Roi d'Ecosse. Ce film nous fait rentrer dans l'Histoire récente de l'Ouganda par les yeux d'un personnage fictif, mais inspiré de l'aéropage occidental qui gravitait autour d'Amin Dada. Le méticuleux réalisateur Kevin Macdonald vient du documentaire et a déjà signé deux films, également inspirés de faits réels (Un Jour en Septembre et la Mort Suspendu). Il a eu la chance de travailler pour ce Roi d'Ecosse avec le scénariste Peter Morgan (auteur de The Queen de Stephen Frears) et le chef-opérateur Anthony Dod Mantle, collaborateur habituel de Lars von Trier. Surtout, Kevin Macdonald a eu le cran d'aller tourner son film en Ouganda, où le fantôme d'Idi continue d'inspirer le respect et la peur. Cette exigence géographique donne évidemment une dimension supplémentaire au film, qui demeure, malgré (ou grâce à) un scénario abouti, très proche de la réalité historique. La même exigence guide l'incroyable prestation de Forest Whitaker, aussi fascinant et inquiétant que son personnage. James McAvoy compose un jeune homme fougueux et idéaliste qui se brûle les ailes, notamment au contact de la belle Kerry Washington, l'une des épouses du dictateur. On sort chancelant de ce film exceptionnel, riche et beau. Comme on revient bouleversé d'un voyage en Afrique.

Bernard-Pierre Molin