Chères spectatrices, chers spectateurs,

Sur les écrans de cinéma, les icônes ne sont pas ces petits symboles qui hantent les lucarnes de nos ordinateurs. Les icônes de cinéma, si ce sont des symboles, ce sont des sex-symbols, comme la Jane Fonda de Klute, qui revient à l’affiche. Ou plus simplement des stars, comme Johnny Depp ou Al Pacino, qui, dans Dead Man et Dick Tracy, sont les vedettes de nos événements de jeudi et vendredi.

Ces trois nouveautés laissent un peu de place aux cowboys spaghetti de Sergio Leone. Le Bon, la Brute et le Truand rejoint les deux films brillamment restaurés par la Cinémathèque de Bologne : Il était une Fois la Révolution et Et pour Quelques Dollars de Plus.

Jeudi soir, nous accueillons de nouveau les Editions Scope pour le lancement du nouvel album de leur collection Jeux d’Acteurs. Après Audrey Hepburn et Al Pacino (dont nous allons reparlé dans quelques lignes), Scope consacre le beau Johnny Depp. Si Monsieur Paradis se commet parfois en Jack Sparrow, il est aussi l’acteur fétiche de Tim Burton et un formidable comédien. Perdu dans un far west sauvage et sublimé par le noir et blanc de Jim Jarmusch, Depp est l’une des vedettes de Dead Man, aux côtés de Gary Farmer et de Robert Mitchum, qui fait ici sa dernière apparition à l’écran. 14 ans après sa sortie, nous sommes ravis de vous proposer de revoir Dead Man, merveilleux film d’errance un brin surréaliste, magnifiquement mis en musique par Neil Young. La séance sera présentée par Fabien Gaffez, auteur du livre consacré à Johnny Depp et se poursuivra autour d’une signature cocktail dans notre Grand Bar.

Suite des réjouissances vendredi, avec le Fan Club d’Al Pacino qui a choisi Dick Tracy pour honorer son idole et nous offrira un verre après la projection. Warren Beatty, coiffé ici de la double casquette d’acteur et de réalisateur, a voulu adapter ce classique du comic américain. Comme dans la bande dessinée, Dick Tracy est un détective très malin qui combat d’odieux méchants, dont le chef – Big Boy – est interprété par Pacino. Manifestement, Al se régale dans ce film décalé au casting estampillé “trois étoiles“, Madonna et Dustin Hoffman, étant également de la partie.

En 1971, Alan Jay Pakula réalisait Klute, du nom d’un détective taiseux et flegmatique (interprété par Donald Sutherland) qui, lors d’une enquête, tombe amoureux d’une prostituée. Si l’intrigue paraît classique, le traitement qu’en donne Pakula bouleversa le public. Jane Fonda, qui ramassa une pluie de récompenses pour son rôle de Bree, compose un personnage d’une liberté totale : elle n’est pas asservie par les hommes mais en jouit librement, au point d’en faire son métier. La coupe de cheveux, les vêtements, les attitudes de Jane-Bree furent copiés par des millions de jeunes femmes en quête d’émancipation et qui voyait vibrer en elle la révolte féministe. C’était dans l’époque et ça reste diablement moderne. Outre le regard sur la femme, qui est l’une des marques de fabrique de Pakula (Pookie, le Choix de Sophie…), on retrouve dans Klute les rouages de l’espionnage, chers au réalisateur (les Hommes du Président ou l’Affaire Pélican). Au delà de l’aspect mythique du film et de sa sex-icône engagée, Klute est aussi un polar bien troussé, angoissant et oppressant. Avec une mention pour la lumière de Gordon Willis (chef opérateur des trois volumes du Parrain et de nombreux Woody Allen), a qui la copie neuve rend hommage.

Il faudrait aussi rendre hommage à l’Enfance de l’Art pour les chouettes films qu’elle propose chaque semaine au jeune public. Mercredi après-midi et vendredi soir, il s’agit de l’une des plus brillantes comédies de l’histoire du cinéma, signée par un grand spécialiste du genre : Billy Wilder. Dans Certains l’aiment Chaud (Some Like it Hot), deux musiciens, devant fuir la mafia (Tony Curtis et Jack Lemon), se travestissent pour intégrer un orchestre de femmes. Mais ils ont bien des difficultés à tenir leur rôle face à l’une des vedettes de la troupe : Marilyn Monroe. A t-on suffisamment dit que cette icône était d’abord une époustouflante  actrice ?

Bonne semaine.

Isabelle Gibbal-Hardy et l'équipe du Grand Action