Chères spectatrices, chers spectateurs,

Il était une fois parce que, bien sûr, Il était une Fois la Révolution, de Sergio Leone, mais aussi parce que c’est ainsi que débutent les histoires pour les enfants. Et, grâce à Mon Premier Festival, rituel rendez-vous des jeunes cinéphiles de la Toussaint, nous vous proposons cette semaine tout un tas de films qui leur sont destinés. Ce riche programme laissera tout de même un peu de place au Fan Club d’Al Pacino, qui se retrouvera vendredi soir à 20h, devant l’Enfer du Dimanche, film d’Oliver Stone où leur héros incarne l’entraineur des Miami Sharks en proie au doute, alors que l’équipe enchaîne les revers dans le championnat de football américain.

Chaque année donc, autour du 1er novembre, Mon Premier Festival offre au jeune public un programme riche, exigeant et diablement sympathique. L’occasion pour les parents de revoir ses classiques et pour les enfants de les découvrir, tout en s’apercevant qu’il y a une vie en dehors de la DS et de la Wii. Le clou de ce programme sera sans aucun doute le ciné-concert de dimanche à 16h15, lors duquel le duo Bocage – Claire Weidmann et Timothée Demoury – jouera en direct ses compositions pop poétiques contemporaines pour accompagner Nanouk l’Esquimau. Si vous ne connaissez pas ce documentaire mythique réalisé par Robert Flaherty en 1922, ne vous laissez pas rebuter par des à priori. L’histoire de Nanouk et sa famille est une pure merveille, belle, délicate, intelligente, touchante, profondément humaine et même chaleureuse, malgré les – 30° qui règnent autour de l’igloo. Muettes, les images d’un noir et blanc pur et ciselées, prennent une couleur avec les sons de Bocage. Un moment de grâce. De grâce, King Kong (version originale de 1933), n’en manque pas non plus. Malgré ses 2 tonnes, tous ses poils, et ses rugissements, il est capable d’amour pour la belle Fay Wray. Ce que les hommes ne comprennent pas. Mon Premier Festival ouvre ses écrans aux célébrités de l’âge d’or du cinéma américain, comédie musicale emballante comme Chantons Sous la Pluie, de Stanley Donen et Gene Kelly, film de pirates, mais de filles, comme la Flibustière des Antilles, ou drame à grand spectacle, comme la Rivière Sans Retour, où Marilyn Monroe sur un radeau susurre que « There’s a river, called the river of no return… ». Mais le programme fait aussi découvrir des films moins connus, comme Le Garçon aux Cheveux Verts, histoire étrange du grand Joseph Losey, ou Alice, inspiré du pays des merveilles, un film d’animation tchèque très étonnant dont la séance de mardi sera également animée. Mon Premier Festival propose aussi des œuvres plus récentes, comme le déjà classique Edward aux Mains d’Argent de Tim Burton, mais aussi des rééditions en avant-première. Ainsi, “last but not least“, comme on dit chez Shakespeare, Capitaine Blood, monument de l’aventure et de la piraterie, incarné par Errol Flynn et réalisé par Michael Curtiz, sera projeté en avant-première samedi après-midi dans une version restaurée.

Restauré, 40 ans après sa sortie, Il était une Fois la Révolution le fut aussi brillamment par la Cinémathèque de Bologne. Ce film monstre, où la révolution mexicaine est vue par le double regard d’un desperado sans foi ni loi et d’un révolutionnaire froidement professionnel, enchaîne sans répit la verve maoïste, la grandiloquence bouffonne du western spaghetti et la violence crue de la guerre civile. Œuvre “larger than life“ (toujours Shakespeare), tant dans son fond que dans sa forme, Il Était une Fois la Révolution laisse le spectateur sidéré après 2h40 d’une expérience réjouissante et éprouvante.

Il va sans dire que le film de Leone n’entre pas dans le cadre de Mon Premier Festival, ni d’ailleurs les impitoyables Inglourious Basterds, de Quentin Tarantino, ni encore les errements amoureux du M Butterfly, de David Cronenberg, ni même Victor Victoria, comédie sexuellement incorrecte de Blake Edwards, qui, tous, restent à l’affiche.

Bonne semaine.

Isabelle Gibbal-Hardy et l'équipe du Grand Action