Expérimentons !

Chères spectatrices, chers spectateurs,

S'enfermer deux heures dans une salle noire, entourés d'inconnus, pour regarder des images animées projetées sur un grand écran est, en soi, une expérience. Le Festival des Cinémas Différents et Expérimentaux de Paris nous propose de pousser l'exercice un peu plus loin, avec des films… très différents ! Il se tiendra de mercredi à dimanche en nos salles, et ce n'est que l'un des trois événements de la semaine. Il y aura également un GrecDoc dimanche à 11h30, où nous verrons Grèce, Chronique d'un Ravage, d'Angelos Abazoglou, et un Ciné-club Positif, mardi à 20h, avec Les Fils de l'Homme, d'Alfonso Cuarón. Kajillionaire et The Future, respectivement dernier et avant-dernier de Miranda July, drôle de cinéaste poétesse, sont toujours à l'affiche, tout comme Un Soupçon d'Amour et Tenet. Nouveauté de la semaine, le Cycle Histoires de fantômes... car c'est la saison ! 

De mercredi à dimanche - où se tiendra, à 21h - la soirée de clôture, le Festival des Cinémas Différents et Expérimentaux de Paris va prendre ses aises dans nos salles. Cinéphiles pointus, amateurs d'alternatives, curieux invétérés, intellectuels de l'image et réalisateurs arty, partageront leur passion pour d'autres formes d'objets filmiques projetés. Au programme, la compétition officielle, fort éclectique, et une thématique sur la langue et le langage ; tout ce qu'on dit et ne dit pas, ce qu'on devrait dire et comment on le dit. Passionnant.

Dimanche à 11h30, nos amis du GrecDoc nous donnent rendez-vous pour Grèce, Chronique d'un Ravage. Ce documentaire propose une analyse profonde, souvent inattendue, de la crise économique qui a bouleversé la vie des grecs, et un éclairage sur la cure d'austérité que les riches de l'Europe ont imposé au pays. Un débat suivra cette plongée documentée dans ce drame national. 

La semaine des événements se terminera mardi à 20h avec un Ciné-club Positif, animé par Gilles Ciment, rédacteur à la revue. Il animera l'échange qui suivra la projection du film Les Fils de l'Homme, film d'anticipation apocalyptique d'Alfonso Cuarón. Cette séance illustre le dossier Cinémavirus : contagions et pandémies à l’écran. Dans un futur proche, alors que les femmes sont devenues stériles et que vient de mourir le plus jeune représentant de l'humanité finissante, un homme (Clive Owen) doit protéger la dernière fille enceinte. Pas facile…

Le monde fantomatique que raconte Cuarón nous permet d'enchaîner avec notre nouveau Cycle Histoires de fantômes. Nul lien entre l'un et les autres, mais une bonne occasion alors que, bientôt, les enfants fêteront l'Halloween américain en oubliant la Toussaint française, de revoir de grands spectres à l'écran. De A Ghost Story (David Lowery) à l'Oncle Boonmee (Weerasethakul), en passant par Le Sixième Sens (Night Shyamalan), Les Autres (Amenábar), et tous les autres (de la liste), les fans de fantômes ont de quoi venir hanter nos salles. 

Nous vous avons déjà largement parlé de Miranda July, cette jeune réalisatrice-auteure-actrice, admirable rejeton d'intellos californiens et magnifique représentante de l'indé américain. Pour accompagner son tout nouveau Kajillionaire, nous avons eu la bonne idée (pas de fausse modestie) de ressortir son précédent opus : The Future. Si, dans ce dernier film, elle ausculte (et interprète) la vie d'un jeune couple de trentenaires désireux d'adopter un vieux chat, dans Kajillionaire, elle observe avec tendresse, mais sans concession, les drolatiques tribulations d'une famille de petits escrocs qui s'acoquine avec une pétillante Portoricaine. Une bonne surprise de la rentrée, étonnante, fantaisiste, originale et touchante, portée par une formidable Evan Rachel Wood en ado tourmentée. 

Non sans vous répéter que Nolan, via Tenet, et Vecchiali, avec Un Soupçon d'Amour, conservent quelques séances, terminons avec l'Enfance de l'Art qui est remplacée mercredi à 14h30 par notre séance jeune public du Festival des Cinémas Différents et Expérimentaux de Paris. A bientôt les enfants, et belle semaine aux grands. 

Belle semaine.

Isabelle Gibbal Hardy et l'équipe du Grand Action.