La lumière des salles obscures

Chères spectatrices, chers spectateur,

Cette semaine vous allez découvrir en avant-première le film de Casey Affleck, Light of my Life, coup de cœur de l’équipe du Grand Action et de l’ensemble des Cinémas Indépendants Parisiens qui vient de lui décerner son deuxième label CIP.

Nous continuons bien-sûr notre ballade émotionnelle à New-York entre The King of Staten Island et Brooklyn Secret et notre dénonciation des turpitudes de la société contemporaine avec Dark Waters, Queen & Slim et The Hunt.

Vendredi à 20h, c’est de la société de demain dont nous parlera Casey Affleck avec son nouvel opus Light of my Life que nous sommes heureux de vous présenter en avant-première. Seul sur la route avec sa fille, un père va la protéger tout en lui enseignant le sens de la vie, tâche particulièrement difficile dans cette société en déliquescence…Cette vision d’un lendemain sombre est bien-sûr un cri d’alerte lancé par Casey Affleck qui interprète le père de Rag, elle-même magistralement incarnée par la jeune Anna Pniowsky. Si vous ne pouvez pas vous libérer vendredi soir, vous pourrez venir voir ce magnifique face à face à partir de mercredi 12 sur notre écran panoramique.

Grâce à votre plébiscite de notre campagne digitale #LaSalleAlEcran, nous vous proposons cette semaine 11 films dont l'action se déroule, le temps d’une ou plusieurs séquences, dans une salle de cinéma : Deux chefs-d’œuvre de Quentin Tarantino Once Upon a Time…in Hollywood, projeté en 35mm, et Inglourious Basterds, qui aurait pu s'appeler "Once Upon a Time...in Nazi Occupied France", dont l'intrigue tourne autour du cinéma parisien fictif Le Gamaar ; Au fil du temps, le road-movie de Wim Wenders qui suit les pérégrinations d'un réparateur de projecteurs ; le mélancolique Splendor d'Ettore Scola dans lequel Marcello Mastroianni incarne un exploitant en proie aux souvenirs ; Les Ensorcelés, grand mélodrame de Vincente Minelli sur les coulisses d'Hollywood ; l'étonnant Simone Barbès ou la Vertu de Marie-Claude Treilhou, où le hall d'un cinéma porno devient la scène du théâtre de la vie ; deux chefs-d’œuvre du Nouvel Hollywood où les personnages trompent leur ennui dans les salles obscures : La Dernière séance de Peter Bogdanovich et Taxi Driver de Martin Scorsese ; Tony Manero dans lequel un fan de John Travolta, en pleine fièvre du samedi soir, pousse l'obsession jusqu'au fanatisme ; et enfin deux films revenant sur des épisodes particuliers de l'histoire américaine vue depuis les salles : The Majestic de Frank Darabont sur le McCarthisme et Panic sur Florida Beach de Joe Dante sur la crise des missiles de Cuba.

Judd Apatow nous offre avec The King of Staten Island son meilleur film depuis Funny People. On y retrouve l’inspiration du maître James L. Brooks. Cette réussite doit beaucoup à son acteur principal et co-scénariste Pete Davidson dont la vie a inspiré le personnage de Scott, jeune homme refusant de quitter l'adolescence. Isabel Sandoval nous livre également un très auto-biographique Brooklyn Secret, réalisé sous la double influence de James Gray et R.W. Fassbinder. Dépêchez-vous de venir voir ou revoir Dark Waters de Todd Haynes, Queen & Slim de Melina Metsoukas ou encore The Hunt de Craig Zobel et Les Chasses du Comte Zaroff du tandem Schoedsack – Pichel qui quitteront bientôt nos écrans.

Nous terminons avec l'Enfance de l'Art : Mercredi à 10h30, les tout-petits découvriront dès 3 ans Le Rêve de Sam et 3 autres dessins-animés tandis que dimanche à 14h les plus grands s’enchanteront devant Prophétie des Grenouilles, de Jacques-Rémy Girerd.

Belle semaine.

Isabelle Gibbal Hardy et l'équipe du Grand Action.